L’homme était discret, mais toujours affable, présent et disponible, même sur les bourdonnants et tumultueux salons horlogers. Pim Koeslag était le cerveau des mouvements manufactures de Frédérique Constant, également à l’œuvre pour Atelier de Monaco. Pim Koeslag est néerlandais, comme Aletta et Peter Stas, fondateurs de la marque auprès de qui il resta fidèle pendant un bon quart de siècle. Et c’est à nouveau vers l’horlogerie néerlandaise qu’il s’est récemment tourné, en reprenant la direction de l’atelier Christiaan van der Klaauw, probablement le plus grand spécialiste des complications astronomiques.
Pourquoi cette longue introduction ? Parce qu’il y eut un bref moment durant lequel Pim Koeslag eut un pied chez CDVK, l’autre encore à Genève chez Frédérique Constant. Une douce transition de laquelle est née un projet un peu fou : allier le savoir-faire des deux maisons, le temps d’une seule pièce, unique, offerte à Only Watch. Cette pièce, c’est la Classics Planetarium Tourbillon Manufacture.

Le meilleur des deux mondes
Son nom trahit sa nature, mais pas totalement. Pour Only Watch, les deux marques ont dépassé leur zone de confort et offert de multiples « premières » qui devront attirer les collectionneurs – et faire monter les enchères.
Déjà, il s’agit d’une pièce qui semble entrer dans la collection Classics de Frédérique Constant...mais pas tout à fait. On y retrouve en effet sa grammaire esthétique récemment renouvelée, avec une boîte plus fine, un profil retravaillé, des index plus modernes. Mais le diamètre est inédit : 42 mm, une largeur qui n’existe pas habituellement chez Frédérique Constant. Sans même parler de son matériau : la pièce est intégralement en platine. Avant d’entrer dans le détail de ses complications, elle impose donc un standing de haut niveau.
Mouvement 100% fini à la main
Un rapide aperçu du mouvement permet de confirmer cette première impression : il est de bout en bout fini à la main. Frédérique Constant, qui a toujours privilégié le luxe horloger Swiss Made mais abordable, n’en a pas l’usage. On constate néanmoins ici la volonté de se rapprocher de l’excellence habituellement offerte par les ateliers indépendants. À l’aide d’instruments et d’outils traditionnels, deux horlogers ont effectué des semaines durant le minutieux ouvrage de finition de chaque composant : une lime cabron pour l’anglage, un marteau et un pointeau pour le martelage, parmi d’autres. Un pont exige à lui seul entre deux et trois jours de travail.
Perlage et étirage des flancs sont faits à la main, et l’intégralité des composants est décorée de chacun des côtés – même ceux que l’œil ne peut apercevoir. On apprécie aussi les vis polies bloquées sur une plaque de zinc avec de la diamantine. Leur rendu alterne de l'acier au noir en fonction de la lumière. De ces vis, le mouvement en possède une quarantaine. Chacune exige environ 40 minutes pour être polie et anglée à la main.

Incontournable planétarium
Sur le fond, le Calibre FC-988 est à la hauteur de cette qualité manifeste. Il permet l’affichage de deux éléments clés : le tourbillon manufacture de Frédérique Constant à 6h, le planétarium de CDVK à midi. L’homme en est l’expert incontesté : il en réalise son premier exemplaire il y a plus de 40 ans, en 1982, dans une horloge. En 1999, il parvient à le miniaturiser pour une montre-bracelet. Depuis, il n’a cessé de le perfectionner.
Héliocentrique, il réunit en une même surface six disques mobiles portant chacun une planète et sa révolution réelle : Mercure (88 jours), Vénus (225 jours), la Terre (365 jours), Mars (687 jours), Jupiter (12 ans) et enfin Saturne (29 ans). Un tour de force qui implique que certains mobiles associés à ces durées tournent à une vitesse excessivement réduite. Il faudra ainsi patienter près de 30 ans pour voir Saturne, la plus à l’extérieure du planétarium, en faire le tour complet...
Avalanche de « premières »
Pour compléter le tout, signalons que la pièce est la première chez Frédérique Constant à se doter d’un cadran en aventurine, la première à offrir un planétarium, la première à afficher les jours et le mois dans un compteur dédié, par aiguilles ; et jamais van der Klaauw n’avait muni son planétarium d’un tourbillon. Rarement l’on aura vu une création stellaire aligner un tel palmarès.