Qu’est-ce qu’une montre vintage ?

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What is a Vintage Watch? - Editorial
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Clarifications sur une notion floue …

Chère famille WorldTempus, je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, mais j’ai remarqué ces dernières années que de nombreuses personnes m’interrogent à propos des montres vintage dès lors qu’elles apprennent que je travaille dans le milieu horloger. Elles me demandent si je recommande d’acheter un modèle vintage, comment entrer dans l’univers des montres vintage ou encore si l’acquisition d’une montre vintage est un bon investissement.

Généralement je réponds par trois questions. Premièrement, pourquoi s’intéressent-ils aux montres vintage ? Deuxièmement, connaissent-ils quelqu’un qui a tiré profit d’un investissement dans une montre vintage ? Troisièmement, qu’est-ce qu’une montre vintage selon eux ?

La réponse à la première question est assez simple : la plupart des gens qui s’intéressent aux montres anciennes le font parce qu’ils ont lu quelque chose à propos d’une histoire exceptionnelle - un gars hérite une vieille montre ou achète une camelote (croit-il) dans un marché aux puces qu’il revend ensuite pour plus d’un demi-million de dollars. Ce que les gens ne réalisent pas, c’est que ces histoires sont, je le répète, exceptionnelles. Ce n’est pas la norme. Et lorsqu’on leur demande qui ils connaissent personnellement ayant régulièrement bénéficié du commerce de montres anciennes, ils disent souvent qu’ils ont entendu parler de quelqu’un à qui c’est arrivé, ce qui à mon sens n’est pas exactement une raison empirique solide pour se lancer tête baissée dans une entreprise très coûteuse sans aucune expérience ou connaissance préalable.

La troisième question provoque habituellement les réponses les plus révélatrices. Si on leur demande ce qu’est une montre vintage, la plupart des gens n’ont pas de définition solide à proposer. Je ne parle même pas ici d’amateurs ou de passionnés occasionnels. J’ai interrogé quelques experts dans le domaine et le seul dénominateur commun de toutes mes conversations est leur longue durée. Autrement dit, il n’y a pas de définition claire du mot « vintage » en horlogerie. Du moins aucune qui puisse être formulée en moins d’une minute. Pour quelqu’un qui gagne sa vie en écrivant sur les montres et qui tient profondément à communiquer avec clarté et cohérence, les définitions comptent.

Tout en haut de ma liste de personnes à appeler figurait Alex Ghotbi, responsable du secteur montres pour l’Europe et le Moyen Orient chez Phillips. Non seulement il arbore un titre ronflant dans l’une des maisons d’enchères les plus prospères de ces dernières années, mais c’est un ami personnel dont la connaissance et la compréhension des montres m’inspirent entière confiance. J’ai également discuté avec Roy Davidoff, marchand de montres basé à Genève, spécialisé dans les Omega vintage (ou quelle que soit la signification de « Omega vintage »).

J’ai joint Alex Ghotbi au moment où il atterrissait à Genève et ce qu’il m’a dit, à travers un brouillard de jetlag, est que la définition des montres vintage change tout le temps. Pour lui, la règle de base est que toute montre de plus de 20 ans peut être considérée comme vintage, avant le tournant du millénaire, ce qui se prête à une catégorie de montres qui étaient plus artisanales dans l’approche, produites par des entreprises nettement moins structurées qu’aujourd’hui.

De son côté Roy Davidoff cite la transition entre tritium et LumiNova comme une ligne de démarcation entre l’ancien et le moderne, une époque qui inclut aussi l’adoption généralisée de logiciels CAO dans la production horlogère. Mais cela couvre une période d’environ dix ans, ce qui n’est pas particulièrement précis. Et de plus, selon M. Davidoff, ce qui est considéré vintage dans le cas d’une montre Patek Philippe ne le sera peut-être pas pour des montres Rolex, Longines ou Omega.

Mon principal problème avec cela est que si chaque montre doit être évaluée au cas par cas pour juger si elle est vintage ou pas, alors le mot « vintage » est en réalité inutile. Le problème est aggravé par le fait que chacun a une définition différente de ce que signifie « vintage ». Si la personne A vend une montre vintage selon une certaine définition à la personne B, qui comprend « vintage » selon une autre définition, alors on a un problème.

Ce qu’il nous faut vraiment c’est une réunion d’experts qui déterminent une définition durable du terme « vintage » et que cette définition soit adoptée par toute l’industrie. Et quand je dis « experts », je veux dire des gens qui ont passé plus que quelques heures à consulter internet ou à regarder des tutoriels sur YouTube. Je veux dire des gens qui gagnent leur vie avec cela, des gens qui ont une expérience académique et professionnelle dans ce domaine, qui peuvent puiser dans une source de savoir aussi large que profonde afin de prendre des décisions en connaissance de cause et de tenir des propos de qualité. Je pense que c’est absolument nécessaire pour la croissance continue et la structure d’une culture horlogère globale.