Dans l’intimité cachée des Ateliers de restauration

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A behind-the-scenes look at the restoration workshops - Cartier
Le département Tradition de Cartier a la lourde charge de remettre en état toutes les montres de son patrimoine. Un travail de haute voltige jalousement mis à l’abri des regards... en plein centre de Genève !

La rénovation complète de la boutique de Genève n’aurait pu être qu’un prétexte. Certes, il est imparable : en quelques mois, la surface de la Maison Cartier est passée de 169 mètres carrés à près de 1000 mètres carrés, dont plus de 700 pour la seule surface de vente ! C’est, à date, la plus grande boutique Cartier en Europe. La plus fournie également, puisque la quasi-totalité de ce que la manufacture produit de garde-temps se trouve à cette adresse. Pourtant, sa plus grande richesse est invisible du grand public.

 

Faux murs et vrais trésors

Il faut monter un étage et se laisser guider jusqu’aux salons privés. De là, un imposant dispositif de sécurité dévoile l’improbable : un faux mur, coulissant, donnant accès au saint Graal, l’atelier de restauration de Cartier.

 

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La mise en scène en dit long. En ce lieu, auquel seuls quelques rares élus accèdent, se trouve le cœur historique de l’horlogerie Cartier. La richesse patrimoniale est à l’inverse de l’univers créé pour l’occasion : une seule pièce, sobre, de moins de 30 mètres carrés. A gauche, une vaste baie vitrée ouvre sur le Léman. A droite, un discret meuble de rangement. Au centre, deux établis, deux horlogers qui se font face. Pas un son, pas un souffle, cette pièce cachée de l’univers Cartier se veut studieuse.

 

Ici, tout se fait à la main.

Sur les établis, deux pièces, une par horloger. Peu d’outillage, aucun appareil ne semble avoir traversé le temps pour poser son empreinte de modernité : ici, tout se fait à la main. Un simple coup d’œil sur l’une des deux pièces en dit long sur les enjeux qui se nouent ici : une imposante Grande Complication Cartier des années 20 (Quantième Perpétuel, Chronographe à rattrapante et Répétition Minutes). Seulement deux exemplaires sont connus dans le monde...

 

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Réparabilité à vie

« Nous garantissons la possibilité de réparation de toute pièce Cartier, à vie, à tous nos clients. L’échec n’est pas une option : tout ce qui entre au département Tradition doit en sortir parfaitement fonctionnel », indique Bernhard A. Berger, Directeur Cartier Tradition.

La pression qui pèse sur les épaules des deux horlogers est donc palpable. Cartier enrichit constamment son patrimoine de pièces que la maison rachète au fil de ventes aux enchères ou, plus rarement, à des particuliers.

Souvent, ces pièces sont connues, mais peu documentées. Un long travail d’analyse s’engage alors pour connaître leur origine afin de les restaurer dans les conditions de leur création. Améliorations, modifications, interprétations personnelles sont strictement proscrites.

« Louis Cartier et Edmond Jaeger étaient proches amis », poursuit Bernhard A. Berger. « De fait, la quasi-totalité de nos mouvement historiques provient de la maison LeCoultre. Cela nous donne une bonne base pour engager nos restaurations ».

 

Complète autonomie

Pour les mener à leur terme, les deux horlogers se sont vus offrir la possibilité technique de reproduire à l’identique n’importe quel composant. « C’est souvent nécessaire », précise l’un d’eux. « Avant les années 50, aucune pièce n’était étanche. La corrosion a fortement abîmé, parfois irrémédiablement, des parties des mouvements. Au besoin, il nous arrive même de devoir refaire des outils qui n’existent plus ! ».

 

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Le résultat est, par obligation, parfait. Certaines pièces rares qui entrent dans le département restauration ne quitteront plus la maison. Elles rejoindront son patrimoine, qui se construit depuis 1983. Les autres seront proposées à la vente. Environ 300 pièces de collections ainsi restaurées sont réparties sur dix boutiques Cartier dans le monde.

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