Lorsque le groupe Richemont a annoncé en octobre 2006 le rachat de la fabrique de mouvements Minerva SA auprès de GPP International SA, la question était de savoir à qui allait profiter cet outil de production spécialisé dans la fabrication de mouvements mécaniques haut de gamme. Jean-Marc Pontroué, directeur marketing de Montblanc International a levé le voile hier: c'est Montblanc, deuxième marque du groupe derrière Cartier, qui reprend le management de cette maison fondée en 1858, à Villeret. Minerva SA restera toutefois à la disposition des autres marques du groupe de luxe. Le fait que Norbert Platt, actuel CEO de Richemont, fut le patron de Montblanc jusqu'en 2004 a joué un rôle certain dans cette décision.
La firme allemande, basée à Hambourg, a choisi la voie de la diversification dans années 90, alors qu'elle subissait de plein fouet la crise qui a touché sévèrement le marché des instruments d'écriture. C'était alors une question de survie. Elle a commencé par la maroquinerie en 1992, puis l'horlogerie en 1997, et enfin la bijouterie. Aujourd'hui, 40% du chiffre d'affaires - non dévoilé - de la marque à l'étoile blanche provient de ces activités.
La marque possède 350 boutiques dans le monde, dont 65 ont été ouvertes en 2005-2006. Il se fabrique environ 100000 montres par an dans ses ateliers du Locle, à un prix moyen de 1800 euros. Avec Minerva, qui compte actuellement 27 employés, la marque à l'étoile blanche espère fabriquer environ 500 garde-temps exceptionnels par an, dont le prix moyen atteindra 50000 euros.
Lorsque l'on sait que les segments horlogers les plus dynamiques sont les montres à moins de 300 euros (480 francs) et à plus de 3000 euros (4800 francs) on comprend la volonté de Montblanc d'accélérer sa montée en gamme: «D'ici à six mois, 20% de notre assortiment horloger, des produits notamment qui ne correspondent plus à notre positionnement, aura disparu», confie Jean-Marc Pontroué.
Le Temps / Isabelle Cerboneschi / www.letemps.ch