HH Magazine de la Haute Horlogerie - Mars 2010
Fabrice Eschmann
L'Office fédéral de métrologie (METAS) a développé, en partenariat avec l'Institut de physique de l'université de Neuchâtel, une horloge atomique – à vrai dire un étalon primaire, référence absolue – unique au monde. Un développement qui place la Suisse à la pointe de la mesure du temps.

« Pour le commun des mortels, c'est facile de savoir quel jour on est, dans la semaine ou dans le mois. Nous, ce qui nous intéresse, c'est de savoir où, à l'intérieur d'une seconde, on se trouve ! » Sous ses airs d'éternel étudiant nonchalant, André Stefanov est un savant des plus pointus. Le Chef du Laboratoire Temps et fréquence de l'Office fédéral de métrologie (METAS) passe son temps à compter non pas les secondes, mais les nanosecondes (1 milliardième de seconde). Pour l'aider, une horloge atomique si précise qu'elle n'affiche qu'une seconde de décalage après 30 millions d'années de fonctionnement. Développée par l'Université de Neuchâtel et actuellement encore en phase de tests, cette machine est unique au monde. Elle a reçu pour nom Fontaine Continue Suisse (FOCS). Un nom poétique pour une fontaine qui n'a rien de décoratif.
Les jours s'allongent
Jusqu'au milieu du XXe siècle, les uniques détenteurs du temps étaient les astronomes. La seconde, en tant qu'unité de mesure, était alors définie de sorte qu'un jour solaire moyen (du zénith au zénith) dure 86'400 secondes. Pendant longtemps, cloitrés dans leurs observatoires et aidés d'horloges mécaniques de précision, les astrophysiciens ont été les seuls gardiens du temple temporel. Jusqu'à une véritable révolution scientifique... Lire la suite de l'article
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