Un génial coup de pub: la prestigieuse marque masculine IWC associée avec la star du basket américain. DR
La prestigieuse marque masculine IWC s'est associée avec la star du basket américain. Un joli coup de pub au moment où celui-ci se marie en grande pompe. Jouant sur les slogans «machos» dans sa pub, IWC a aujourd'hui édulcoré ses messages…
C'est ce qui s'appelle un génial coup de pub. Tony Parker, la star française du basket américain, et Eva Longoria se sont unis hier près de Paris dans le plus glamour des mariages de l'été. Le couple a trusté les couvertures des magazines tout au long de la semaine. Et qu'a-t-on appris ces derniers jours dans la presse, jolies photos à l'appui? Que ce même Tony Parker est devenu un «partenaire», un «ami» d'IWC, la prestigieuse marque de montres pour hommes basée à Schaffhouse. «C'est un collectionneur. Il aime nos montres. Nous l'avons contacté et ça s'est fait. Tony Parker participera à quelques-uns de nos événements», souligne Romy Hebden, porte-parole d'IWC. S'apprêtant en 2008 à fêter son 140e anniversaire, IWC est en pleine expansion en Asie et aux Etats-Unis notamment, là où Parker est une idole. Une nouvelle boutique vient d'être ouverte à Las Vegas. La marque compte, en dehors de Parker, d'autres «partenaires» de prestige, mais ils n'apparaissent jamais sur les pubs. Ce qu'IWC met en avant dans ses campagnes, c'est le produit et rien d'autre. «Des montres très techniques, très claires dans la ligne, très sobres.» Les prix s'échelonnent entre 5000 fr. et un demi-million.
Porteur d'image
Georges Clooney et Nicole Kidman, pour Omega, Brad Pitt chez TAG Heuer: d'autres marques affichent clairement leurs vedettes sur les pubs. On les appelle des ambassadeurs, chez IWC il s'agit de «partenaires». Toute la nuance est là. «Un contrat pour un ambassadeur est bétonné point par point par des batteries d'avocats, explique un spécialiste en sponsoring horloger. Le partenaire est plutôt un porteur d'image, qu'on invite au coup par coup dans des événements, histoire de s'assurer une belle couverture médiatique. C'est ce que fait Chopard à Cannes en prêtant ses bijoux pour la montée des marches.» «Mon IWC est la seule montre que j'ai achetée moi-même», avait dé claré un jour un autre «partenaire», le chanteur Ronan Keating, ce dont la marque est plutôt fière. En avril dernier, lors du Salon de l'horlogerie de Genève, il était l'un des «partenaires» de prestige présents lors de la soirée IWC, la plus gla mour de toutes, réunissant 1400 invités. Il y avait croisé Kevin Spacey, Alberto Tomba, Boris Becker et un invité surprise, un autre «ami» d'IWC, un certain Zidane. Parker enrichira-til le parterre lors du prochain salon?
En tant que marque pour hommes, IWC joue évidemment la carte du sport. Avec Mercedes, la marque est le mécène de la Fondation Laureus, qui, à travers le monde, soutient des actions sportives destinées aux jeunes en difficulté. Chaque année, la fondation organise aussi, en grande pompe, l'équivalent des Oscars du cinéma, le trophée du «champion de l'année». En avril, à Barcelone, c'est Federer qui a été désigné pour la troisième fois consécutive, sous les yeux du roi d'Espagne en personne et de multiples stars. IWC a eu droit à la mondiovision.
Désormais, Tony Parker est le partenaire d'IWC, la marque qui a osé jouer les machos.
En français, cette pub proclamait: «Presque aussi compliquée qu'une femme.
La ponctualité en plus.»
Slogans assagis
«Elles fument nos Cohiba, elles pilotent nos Harley, elles boivent nos Lagavulin, qu'elles nous laissent au moins notre IWC.» Ou encore. «Presque aussi compliquée qu'une femme, la ponctualité en plus.» IWC s'est aussi longtemps distingué par sa pub macho-provoc, histoire de mieux souligner son côté masculin. Les slogans se sont faits plus sages depuis deux ans. «A vous de charmer les sirènes.» «IWC. Conçue pour les hommes.» «Comme nous nous étendons de plus en plus à l'étranger, les gags étaient parfois mal compris sur d'autres continents, explique Romy Hebden, la porte-parole. C'est pourquoi nous avons décidé de changer notre stratégie».
Avec Tony Parker, IWC a néanmoins choisi un tombeur. Ce n'est pas Eva qui dira le contraire…
|
Le Matin / Bertrand Monnard / www.lematin.ch