Il plonge pour sa montre

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Le petit-fils de Nicolas Hayek n'a pas eu peur des profondeurs de la mer…

CANNES (F) - Le petit-fils de Nicolas Hayek a plongé hier après-midi à 30 mètres pour mettre une «Fifty Fathoms» au poignet du multiple champion du monde en apnée, Gianluca Genoni

En raison de sa consommation de cigares et de cigarettes, le patron de Blancpain Marc A. Hayek (36 ans) ne peut habituellement pas descendre au-delà de 20 mètres en apnée. Mais grâce des bouteilles d'oxygène, il a pu plonger à 30 mètres pour mettre une montre «Fifty Fathoms» au poignet du champion italien Gianluca Genoni. Une performance réalisée hier après-midi à Cannes (F) pour saluer le lancement d'une nouvelle déclinaison de la première montre de plongée moderne.

Un ancien motard

Si Marc A. Hayek s'est mouillé pour sa marque, c'est pour lui donner une image résolument sportive: «Je plonge depuis mes 12 ans, c'est une véritable passion», confie l'héritier de l'empire Hayek, au large de la Côte d'Azur.

Le petit-fils de Nicolas G. Hayek dirige au Brassus (VD) la plus ancienne manufacture horlogère du monde. Cet ancien motard cultive habituellement son goût du vin, une passion héritée de son père, l'industriel argovien Roland Weber. Mais hier, à bord du «Rivage-Côte- d'Azur», 10 kilos de caviar étaient arrosés de vodka et de champagne. Elevé par ses grands-parents dès l'âge de 3 ans, le fils de Nayla Hayek n'a pas été appelé chez Blancpain par son grand-père Nicolas ou son oncle Nick, mais le sauveteur de ce fleuron horloger, Jean-Claude Biver. Hier, il a surmonté sa discrétion naturelle pour mettre sa notoriété au profit de Blancpain, comme son grand-père le fait pour Breguet.

En présence du fils de Jean-Pascal Delamuraz

Directeur du marketing, Alain Delamuraz a orchestré l'événement organisé pour les 30 ans du Salon nautique cannois. Depuis dix ans, le fils de l'ancien conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz roule pour Swatch Group, après avoir été débouché du Beau-Rivage de Lausanne. «Je tenais ce palace pour le Blancpain de l'hôtellerie. Et je considère désormais Blancpain comme le Beau-Rivage de l'horlogerie», rigole Alain Delamuraz. Le cobranding, c'est une formule que l'ancien hôtelier applique désormais avec le caviar Petrossian, dégusté hier par dose de 12 grammes, dans de petites coquilles équipées d'une minibouée.

«Nos clients aiment ce côté familial et chacun profite de la notoriété de l'autre», explique Armen Petrossian. Le roi parisien du caviar fait l'éloge de Blancpain: «Une montre, ce n'est pas une dépense, c'est un investissement qui se renouvelle. » Le compliment ravit Alain Delamuraz, mais sa réplique fuse: «L'avantage du caviar, c'est que ce produit est consommé sitôt acheté. »■

Mythe alimenté par Cousteau

Alimentée par le mouvement mécanique 1315, la nouvelle «Fifty Fathoms» a été lancée hier à 30 exemplaires. C'est une déclinaison moderne de ce modèle mythique, porté par l'équipe du commandant Cousteau dans le film de Louis Malle «Le monde du silence», Palme d'or à Cannes en 1956.

Toute une histoire

C'est en 1953 que cette montre, alors étanche à une profondeur de 91,45 m (50 brasses anglaises), a équipé l'unité d'élite française des «Nageurs de combat». Cette montre a ensuite servi aux forces spéciales américaines, israéliennes et allemandes, mais elle a surtout été adoptée par les chercheurs océanographiques. Les rééditions se sont succédé en version automatique, chronographe et tourbillon, avec une étanchéité portée à 300 mètres. Jusqu'au modèle présenté hier par Marc A. Hayek et vendu 15 000 euros avec un boîtier en acier.

 

Le Matin / Vincent Donzé / www.lematin.ch

 

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