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La croissance mondiale utile

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Le secteur du luxe est entré dans un nouveau cycle de croissance

Le secteur du luxe est entré dans un nouveau cycle de croissance. Les résultats 2006 du groupe français LVMH le prouvent. Le numéro un mondial du secteur (Louis Vuitton, Dior, Moët & Chandon...) a publié, mercredi 14 février, un chiffre d'affaires en hausse de 12 % par rapport à 2005, à 15,3 milliards d'euros, pour un résultat net part du groupe de 1,88 milliard (+ 30 %). Les hausses sont également substantielles chez PPR, Richemont ou Hermès, pour ne citer qu'eux. Gucci Group, la division luxe du premier, a ainsi vu ses ventes bondir de 17,6 % en 2006. Les effets de change - l'euro s'est apprécié face au dollar et au yen en 2006 - ont donc été largement compensés par le dynamisme de l'activité. Le luxe a connu une période faste entre 1996 et 2000, avec une croissance organique (sans compter les acquisitions) d'environ 15 % par an. Les grandes marques constituaient leur réseau mondial de magasins, et la clientèle, enrichie par la bulle Internet, affluait. En 2000, cette dernière a éclaté. Dans la foulée, il y a eu les attentats terroristes du 11-Septembre, l'épisode du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en Asie, la baisse significative du tourisme mondial et... un sérieux trou d'air pour les marques de luxe. Depuis 2005, la croissance organique du secteur est revenue à un niveau de 10 % à 12 %. Le marché global atteindrait 160 milliards d'euros en 2006, selon Bain & Co. Le contexte est porteur : une croissance mondiale supérieure à 5 % en 2006, un tourisme dynamique avec une progression de 4,5 % du nombre de voyageurs dans le monde en 2006, et l'accroissement significatif du nombre de millionnaires (7,2 millions en 2006, selon le Boston Consulting Group) grâce à la Bourse et aux pétrodollars. " LVMH a profité de sa position de numéro un pour croître plus vite que les autres", estime Nicolas Boulanger, de la société d'études Eurostaf.

 

LA PERCÉE DE COACH

 

La joaillerie et l'horlogerie sont parmi les produits qui se sont le mieux vendus en 2006 (+ 28 % chez LVMH, pour les marques TAG Heuer, Zenith, Dior ou Chaumet). Viennent ensuite les vins et les spiritueux, dont le champagne, qui fait une percée au Japon, et le cognac, qui se vend particulièrement bien en Chine. Seul bémol, mais de taille : l'atonie du marché japonais sur le créneau de la mode et des accessoires, pourtant considéré comme le troisième au monde, après l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest. Les ventes de l'activité "mode et maroquinerie" de LVMH n'y progressent que de 1 % en 2006 (contre 19 % dans le reste de l'Asie). Or, les Japonais sont les premiers clients de Louis Vuitton, la marque locomotive du groupe (son chiffre d'affaires est estimé à environ 3,7 milliards d'euros). Selon l'analyste d'une grande banque française, la clientèle nippone (ceux qui consomment au Japon et les touristes qui achètent à l'étranger) représenterait jusqu'à 42 % des ventes de la marque. Chez LVMH, on conteste ce chiffre, jugé bien trop élevé, et on avance que les Chinois sont désormais la troisième clientèle de Louis Vuitton. De fait, la toile monogrammée est un vrai phénomène dans l'Archipel. Mais commence-t-elle à lasser ? Les consommatrices japonaises, en quête d'une plus grande affirmation de leur personnalité, semblent moins tournées vers les grandes marques. Une tendance qui explique la multiplication des "select shops" où l'on peut acheter des marques plus pointues.

 

Par ailleurs, le pays connaît une vogue en faveur du luxe "abordable". Le maroquinier américain Coach y fait un tabac et serait passé deuxième en termes de ventes, derrière Louis Vuitton et devant Gucci. Si le marché nippon ne se redresse pas, LVMH et ses concurrents peuvent miser sur d'autres marchés en forte croissance (Chine, Russie, Inde). Ou accélérer la montée en puissance de leurs petites marques. Bernard Arnault, patron de LVMH, mise tout particulièrement sur Fendi, dont il veut faire une de ses marques "stars".

 

Le Monde / Cécile Ducourtieux avec Philippe Mesmer (à Tokyo) / www.lemonde.fr

 

LVMH: le bénéfice s'est envolé de 30% l'an dernier 

Le français LVMH, n°1 mondial du luxe, a dégagé un bénéfice net de 1,88 milliard d'euros l'an dernier. Il est en hausse de 30% par rapport à 2005, année marquée par la constitution d'une provision liée à l'arrêt de l'activité du magasin La Samaritaine.

Le chiffre d'affaires a augmenté de 10% à 15,3 milliards d'euros (24,9 milliards de francs), a indiqué LVMH mercredi dans un communiqué. Le géant se fixe pour objectif "une augmentation significative" de ses résultats pour la totalité de l'exercice en cours.
"Nous nous attendons à une année 2007 de forte croissance, avec pour élément porteur la croissance mondiale", a déclaré le président, Bernard Arnault, lors d'une réunion d'information. Il a dit tabler sur "le dynamisme" des Etats-Unis et de l'Asie, notamment la Chine et l'Inde.
"Le petit bémol, ce sont les taux de changes", a-t-il poursuivi tout en estimant probable une reprise du yen. En 2007, LVMH bénéficiera du lancement de nouveaux produits, dont un nouveau parfum féminin Christian Dior, et sur l'extension du réseau de Louis Vuitton avec l'ouverture de 20 nouveaux magasins, a poursuivi M. Arnault.

Dans la mode et maroquinerie, le bénéfice opérationnel courant a progressé de 11%. Dans cette branche, Louis Vuitton a poursuivi une croissance organique à deux chiffres. Même hausse de 11% du profit d'exploitation courant dans les vins et spiritueux. Les "parfums et cosmétiques" ont vu le leur croître de 28%.
Dans les montres (Zenith et Tag Heuer en Suisse), l'opérationnel courant s'est envolé de 281%. Dans la "distribution sélective", le résultat opérationnel a crû de 15%. Enfin, la rubrique "autres activités et éliminations", incluant le pôle média avec notamment Radio Classique, "La Tribune", "Investir", les frais de siège et élimination des ventes intra groupe, inscrit une perte de 125 millions contre un déficit de 134 millions en 2006.

Communiqué