Lorsque l’on découvre le second visage de Karl-Friedrich Scheufele, celui du viticulteur, ce n’est pas vraiment une surprise. Horloger rigoureux, avide de perfection, il dirige de mains de maître la maison Chopard aux côtés de sa sœur Caroline. Un parcours sans faute qui ne l’empêche pas de s’ouvrir à d’autres domaines. Passionné de courses automobiles, collectionneur de voitures, il a également le vin dans le sang. Son grand-père et son père étaient des épicuriens, avec sa femme Christine, il a toujours eu l’idée de faire son propre vin, son fils Karl-Fritz reprendra le flambeau…
C’est ainsi que les Scheufele, après avoir créé La Galerie des Arts du Vin qui propose de grands crus de Bordeaux à la vente sur catalogue, lancé le Caveau de Bacchus, une enseigne spécialisée dans la vente de vins à Genève, Gland et Gstaad, et ouvert un bar à vins à Genève, le Bacchus, ont fait l’acquisition du Château Monestier La Tour.
« Il nous a suffi de deux visites pour nous décider. Au-delà du coup de foudre, cela a réveillé le vieux souvenir de notre voyage de noces en Dordogne en 1994, c’était une évidence », se confie Karl-Friedrich Scheufele. Une propriété située en Bergerac, en plein cœur du Périgord, qui s’étend sur une centaine d’hectares dont 25 environs sont plantés de vignes. Nous sommes en 2012 et l’aventure peut commencer… Restauration du Château dont les origines remontent au XIIIème siècle dans le respect de la tradition, du cuvier qui date du XVIIème et du XVIIIème siècle, modernisation du vignoble, construction de nouveaux bâtiments discrets de par leur sobriété et l’authenticité des matériaux, passage en biodynamie avec une certification BIO.
« La nature doit être utilisée avec précaution, et un vin n’a pas besoin de chimie pour être bon. Les plus grands vins du monde sont souvent produits en biodynamie. Si je peux respecter la nature, je le fais volontiers. Il est indispensable que chacun de nous respecte la nature et ses ressources », précise Karl-Friedrich Scheufele.
En d’autres termes, tout est mis en œuvre pour faire le meilleur vin de la région. Le premier cru est présenté en 2014. « Malheureusement, le 2013 aurait dû être notre premier millésime, mais il a été quasi entièrement grêlé. Ce fut du reste notre première épreuve de viticulteurs », se souvient Karl-Friedrich Scheufele.
Si la mesure du temps occupe une place importante dans la vie des Scheufele, les étiquettes mettent en majesté un cadran solaire, la gamme Cadran Bergerac se décline en rouge, rosé et blanc, fruits de l’assemblage de Merlot, de Cabernet, de Sauvignon avec une touche de Malbec. L’offre s’étend à un rouge baptisé Grand Vin Château Monestier La Tour Côtes de Bergerac et enfin à un blanc liquoreux, le Saussignac, produit seulement certaines années.
Au total, une production de près de 100 000 bouteilles par an dont la qualité est désormais reconnue à un niveau international. Un vin à l’image de la famille Scheufele, pour laquelle rigueur, souci du détail et beauté sont incontournables. Une philosophie qui fait ses preuves depuis de nombreuses années dans les industries horlogères et joaillères. La saga de la maison Chopard en est la preuve vivante.