Minerva, l’histoire de la pépite Montblanc

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1858 The Unveiled Secret Minerva Monopusher Chronograph © Montblanc
Le nom est connu des collectionneurs. Son histoire, un peu moins. Pourtant, il faut remonter près de 170 ans en arrière pour comprendre pourquoi Minerva, aujourd’hui propriété de Montblanc, fascine toujours les amateurs de chronographes d’exception.

C’est probablement un cas unique en horlogerie : le patronyme « Minerva » appartient à la manufacture Montblanc mais, bien souvent, les deux noms restent accolés, comme sur les collections « Montblanc 1858 », une date qui n’est autre que celle de naissance...de Minerva ! 

Il est rare qu’une maison mère continue de communiquer et capitaliser sur une société dont elle a fait l’acquisition, voire l’absorption. Mais Minerva est une exception : son nom est tellement riche et puissant auprès des collectionneurs que Montblanc le garde en vie et l’entretient. Et pour cause : Minerva est une véritable institution. 

Des cadrans d’horlogerie soigneusement conservés à la manufacture Minerva © Montblanc

Deux frères, une marque

Les deux frères Charles-Yvan et Hippolyte Robert ont fondé leur atelier d'horlogerie à Villeret en 1858. À l'époque, le village comptait déjà plus de 70 ateliers, de petites structures spécialisées dans l'assemblage de mouvements pour des marques locales, telles que Longines (1832), Heuer (1860) et Breitling (1884). Cette ère était celle de l’établissage : aucune marque ne réalisait son propre mouvement de A à Z, mais chacun faisait venir sous son toit des composants tiers, qu’elle assemblait et réglait, puis commercialisait sous son nom. 

Minerva, pour sa part, se fournissait en ébauches à Fontainemelon dès ses débuts, alors qu’elle s’appelait encore « H. & C. Robert ». Mais, dès 1902, l’atelier familial a pris deux décisions rares et courageuses pour l’époque : fabriquer ses propres calibres, et se spécialiser dans le chronographe. Ce dernier était en vogue naissante à l’époque, avec les premières mesures sportives de courses de vélo, de chevaux puis d’auto - une tendance que saisira également avec brio un certain Léon Breitling, mais sans faire le choix, à l’époque, de devenir concepteur - constructeur. 

Chronographe à rattrapante 1858 – Édition limitée à 8 exemplaires © Montblanc

Esprit chrono

Rebaptisée Minerva en 1929, la marque familiale a cultivé cette singularité liée au chronographe maison, qu’elle a perpétué au sein d’un atelier dédié, acquis en 1898 aux abords du village, et qui existe encore. L'usine est restée pratiquement inchangée : les escaliers et les parquets d'origine, les étroits couloirs et le dédale de petites pièces peuvent toujours être visités. 

Le pont en forme de flèche en V (pour Villeret) est devenu la signature esthétique des mouvements maison. Et si la production des années 70 à 90 a fortement souffert du quartz, les collectionneurs les plus pointus n’ont jamais délaissé la marque, réputée pour construire les plus beaux chronographes, les plus précis (jusqu’au 1/100e de seconde il y a un siècle), et maîtrisant tous ses savoir-faire, dont la réalisation en interne du précieux spiral. 

Chanfreinage en flèche Minerva © Montblanc

Tournant du millénaire

L’entreprise resta familiale et poursuivit sa production jusqu’en 2000, date à laquelle elle fut rachetée par le fonds d’investissement italien Hopa pour 3,5 millions de francs. Après une brève interruption de six ans, Richemont acquit ce fleuron industriel, qui allait devenir le Centre d’Excellence Mouvements et Innovations de Montblanc, rebaptisé en 2007 Institut Minerva de Recherche en Haute Horlogerie. 

Aujourd’hui encore, les pièces doublement estampillées Montblanc - Minerva restent parmi les plus prisées des collectionneurs. Parmi les réalisations récentes, on compte la collection « Unveiled Secret » qui a pour vocation de rendre visible l’élégance du Cal. 16.29 de base Minerva, inversé pour être observable côté cadran. Le chronographe à rattrapante, archétype du chrono de haute volée, est tout aussi apprécié.

Dans ces nouvelles itérations, la démarche de Montblanc est empreinte d’un grand respect pour Minerva, préservant l’esthétique des mouvements, donnant la priorité au chronographe, souvent en boîte acier comme à l’époque, à remontage manuel comme l’exige la tradition, et ajoutant de belles innovations qui en soulignent le caractère exceptionnel, tel le calibre inversé, ou l’Unveiled Timekeeper, dont le chronographe se déclenche non plus par poussoir, mais par la lunette crantée. Un cas rare ou patrimoine et innovation cohabitent avec la même vivacité. 

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