Le grand voyage (à deux) de l’Octo Finissimo

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octo finissimo tadao ando cov © Bvlgari
Bvlgari édite régulièrement des séries limitées de son Octo Finissimo, réalisées « en collaboration avec ». Le procédé est courant mais, pour Bvlgari, presque chaque nouvelle édition a ouvert une voie artistique nouvelle. Un cas d’école.

À quoi servent les collaborations horlogères ? Les réponses sont multiples. MB&F en a fait son business model : ce sont ses fameux Friends. Louis Erard suit sensiblement la même voie, mais pour des collaborations portant presque exclusivement sur l’esthétique des pièces, là où MB&F a développé une vingtaine de mouvements maison. 

Mais Bvlgari suit une voie différente. Pour le joaillier romain, l’objet n’est pas (que) de faire du business additionnel : l’Octo Finissimo est déjà son fer de lance, la pièce n’a aucun besoin de « collabs » pour se vendre. Le but recherché est ailleurs : démontrer sa versatilité, sa pluralité. Son potentiel esthétique. Ouvrir de nouveaux horizons. Et libérer la bride de Fabrizio Buonamassa Stigliani, directeur de la création & designer Bvlgari. 

Manchette Tubogas et Octo Finissimo en hommage aux artistes mexicains Frida Kahlo et Diego Rivera © Bvlgari

Un historique déjà riche

Les collaborations passées sont déjà nombreuses. En 2023, Bvlgari et Laurent Picciotto (Chronopassion) avaient déjà co-réalisé une Octo Finissimo Tattoo Fuoco, entièrement tatouée : l’Octo Finissimo en version sauvage et urbaine. 

La même année, Bvlgari dévoilait une variante retravaillée avec la maison de vente aux enchères Phillips. Le parti pris était radicalement différent. La pièce était très sage, avec un cadran sector dial et, surtout, dénué de sa fidèle petite seconde : l’Octo Finissimo démontrait sa polyvalence avec, cette fois, une approche très classique, presque neo-vintage. 

Mais c’est en direction de l’art contemporain que se dirige ensuite Bvlgari. Ses dernières créations laissent le champ libre à plusieurs artistes pour recomposer totalement l’habillage de la diva extra-plate. En 2024, la maison romaine s’est associée à Laurent Grasso, artiste français qui a imaginé une Octo Finissimo tout simplement bleue, sans aucune indication, avec un léger nuage rosé sur son cadran : la démarche est douce, onirique, et unisexe. Encore un nouveau champ exploré pour l’Octo Finissimo, qui prouvait cette fois que ses lignes et arêtes vives pouvaient se fondre en un décor céruléen d’une souple poésie. 

Octo Finissimo Tattoo Fuoco Chronopassion Mo Coppoletta hands-on © Bvlgari

2025, nouveau tournant

On comprend alors que l’Octo Finissimo n’a en réalité aucune limite artistique. On peut l’imaginer traditionnelle, sauvage, classique, unisexe ou très horlogère : tout lui convient, du moment que le travail est réalisé avec goût et élégance, ce dont Fabrizio Buonamassa Stigliani se porte toujours garant. 

Alors Bvlgari est allé plus loin encore. Avec l’Octo Finissimo Lee Ufan, la maison a, pour la première fois, dissocié l’habillage du cadran. Pour le premier : du titane limé à la main. Pour le second : un cadran aux effets miroir. La pièce explore les nuances, les jeux d’ombre et de lumière, les différences de matière, entre le métal limé et son léger relief, et la surface parfaitement lisse du cadran (le travail est assez proche de ce que la marque avait déjà commis en 2021 avec l’Octo Finissimo Tadao Ando, seule collaboration déclinée sur trois modèles). Déroutant, mais diablement efficace pour un public volontiers collectionneur d’art contemporain. 

Octo Finissimo Lee Ufan © Bvlgari

Actualité brûlante

Les deux dernières collaborations explorent (encore !) de nouveaux champs créatifs : l’hommage régional, dédié à une culture choisie. Le premier fut consacré au Mexique, avec deux montres en édition limitée célébrant les artistes mexicains Frida Kahlo et Diego Rivera - deux des artistes les plus en vue du XXe siècle. Là encore, Bvlgari a innové, puisque l’Octo Finissimo conçue pour Diego Rivera partageait la scène avec une Tubogas Manchette en or jaune pour Frida Kahlo. 

Le second projet régional a été dernièrement révélé à la Dubai Watch Week. L’Octo Finissimo y rend hommage à Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis et souverain de Dubaï. L’approche est similaire à celle de la Tattoo de Chronopassion, mais avec une calligraphie arabe d’une rare beauté. La pièce est limitée à 70 exemplaires. 

Matter bin-Lahej © Bvlgari
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