Un travail d’esthète, pour esthètes. La philosophie de la manufacture A. Lange & Söhne pourrait se résumer à cette simple formule. La maison ne produit en moyenne que 5000 montres par an. Son CEO, Wilhelm Schmid, entrera l’année prochaine dans sa 15e année d’exercice - et l’on serait bien en peine de lui donner un équivalent dans l’industrie. L’homme, comme la marque, ne cherche pas les coups d’éclat. Et va même jusqu’à les fuir, cultivant discrétion et rareté avec une rigueur d’ascète.
Lange 1. Tout simplement.
Le produit est à l’image de la marque. Il faut s’en approcher de près pour en comprendre les subtilités. Et c’est par la Lange 1 qu’il faut commencer. Le patronyme de la pièce résume d’ailleurs à lui seul le positionnement de la maison : pour baptiser sa première réalisation contemporaine depuis sa refondation en 1990, la marque l’a appelée du nom de son créateur, Ferdinand Adolph Lange, suivi du chiffre 1. Lange 1. Difficile de faire plus sobre.
Pourtant, la Lange 1 fourmille de détails. Certains sont invisibles une fois la pièce terminée. Il en va ainsi du montage à blanc. Il consiste à assembler intégralement la montre, à la mettre en service, puis à la déconstruire, à en effectuer les dernières finitions, et à l’assembler de nouveau - le tout à la main. Un travail d’une rigueur absolue qui confère à chaque montre une fiabilité totale, puisque chaque éventuel défaut (de réglage, de finition) sera détecté lors du montage à blanc, puis corrigé. Presque plus aucune marque ne pratique cet exercice, hormis quelques rares manufactures, et uniquement, la plupart du temps, pour des grandes complications ou grandes sonneries.
La Grande Date
Mouvement Secret
Autre élément peu visible : le mouvement de la Lange 1. Cela peut sembler surprenant pour une manufacture de ce niveau de ne pas démontrer l’étendue de son savoir-faire à travers la beauté technique de son calibre. Mais, tradition oblige, ce dernier sera toujours largement recouvert d’une platine. Le taux de couverture est d’ailleurs fixe : aux trois quarts. La fameuse « platine trois quarts » d’A. Lange & Söhne est un héritage historique d’un temps où les mobiles et rouages du mouvement étaient mieux protégés des chocs entre deux platines « sandwich ». Ce n’est aujourd’hui plus une nécessité fonctionnelle. Les mouvements contemporains sont intrinsèquement plus fiables et solides qu’au siècle dernier. Mais A. Lange & Söhne continue à honorer cette mémoire d’horlogers de Glashütte.
Le col de cygne
Gravée dans le marbre