Décollage pour la galaxie Plexi : Omega et l’Hésalite

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Moonwatch © Omega
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Il y a de nombreuses lunes, l’Hésalite foulait pour la première fois le sol lunaire avec la Moonwatch d’Omega. Aujourd’hui, ce verre acrylique mythique reste d’actualité pour la marque. La raison ? Son aura bien sûr, mais ses propriétés aussi !

Parfois, l’évocation d’un simple nom peut faire revivre l’émotion de moments historiques. Ainsi, le nom « Moonwatch », mais aussi le nom « Hésalite » pour les plus fins experts, évoquent la première expédition sur la Lune en 1969, un exploit ancré dans les plus belles heures d’Omega. L’Hésalite avait alors été spécifiquement choisie pour cette expédition. La raison ? Son comportement en cas de casse, atout de taille dans l’espace. En effet, ce verre de type acrylique se fissure, sans se casser en morceaux coupants, au contraire du verre saphir ou minéral, évitant ainsi de dangereux morceaux de verre en suspension dans l’habitacle d’une fusée. Depuis, chez Omega, cette matière reste intimement imprégnée de l’aura de la Moonwatch et de ce grand pas pour l’humanité qu’elle accompagna.

Moonwatch © Omega
Moonwatch © Omega

Matière à réflexion

Mais quelle est donc l’Hésalite, à base de plastique fantastique, si fantastique même, qu’il s’est retrouvé sur une glace de montre ? Mise au point, en 1933, par le chimiste Otto Röhm, alors baptisée Plexiglas, sa formule est à base de polyméthacrylate de méthyle (PMMA), une sorte de verre acrylique. De nombreuses recettes et marques se sont ensuite développées : Lucite, Crystalite, Perspex, Nudec, ou Altuglas – actuellement le plus important fournisseur. Facile à produire et économique, capable de prendre différentes formes grâce au moulage, polissable, cette matière transparente a été très utilisée par les horlogers, dès les années 1930, comme alternative de choix au verre minéral. C’est alors qu’a commencé l’heure de gloire des glaces en « Plexi », dont les reflets – qualifiés de « chaleureux » – font toujours palpiter le cœur des collectionneurs. Reconnaissables à leur forme bombée, parfois à leurs nombreuses rayures et leur teinte jaunie par les UV, celles-ci offrent par ailleurs une très bonne lisibilité. Sans compter qu’elles se polissent facilement pour un « coup de jeune ». Omega en équipait non seulement sa Moonwatch de 1969, mais, déjà bien auparavant, ses trois modèles professionnels cultes – Seamaster 300, Railmaster et Speedmaster – à leur lancement en 1957. Autant dire que, chez Omega, l’Hésalite bénéficie d’une aura considérable.

Moonwatch © Omega
Moonwatch © Omega

Pourtant, dès la fin des années 1980, le PMMA devait trouver un sérieux challenger avec le verre saphir, matière innovante aux nombreux atouts. Très dur et quasi impossible à rayer, le saphir résiste aussi très bien aux chocs. Son coût de production, élevé, le réserve aux marques haut de gamme, friandes de ce matériau innovant en phase avec les constantes améliorations de leurs montres. Et pourtant, même dans ce segment de prix, la messe n’est pas dite pour les verres en plastique, qui conservent un irrésistible charme vintage, et même des propriétés appréciables.

Le charme de la lune au poignet

Les marques haut de gamme continuent à utiliser les verres en « Plexi », en particulier pour des montres d’inspiration vintage. Ainsi, Omega propose toujours sa Speedmaster Moonwatch Professional avec un verre en Hésalite. Par rapport aux mêmes modèles avec verre saphir, la version Hésalite se distingue par le logo de la marque au centre du verre, son fond plein, et ses bracelets d’origine spécifiques en nylon ou en acier. L’Hésalite revient par ailleurs régulièrement chez Omega pour des éditions spéciales, telles que la trilogie anniversaire de la Seamaster 300, de la Railmaster et de la Speedmaster, présentée en 2017.

Mais Omega trouve aussi d’autres usages pour la légendaire Hésalite, ses propriétés se révélant précieuses. En particulier, l’Hésalite absorbe particulièrement bien les chocs, grâce à son élasticité (invisible à l’œil nu, bien entendu !). Par exemple, la Seamaster Aqua Terra Worldtimer 43 mm comporte un anneau transparent central en Hésalite, placé au-dessus du disque 24 heures. « Pour éviter les raies lors du montage, un traitement anti-rayures préventif a été appliqué à sa surface », précise la marque.

Une utilisation plutôt originale et fort à propos, preuve que, pétrie de belles histoires du passé mais toujours d’actualité, l’Hésalite n’a certainement pas dit son dernier mot. 

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