La Grande Maison en fête

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Pour l'inauguration officielle de sa Galerie du Patrimoine, la manufacture horlogère Jaeger-LeCoultre met les petits plats dans les grands.

Pour l'inauguration officielle de sa Galerie du Patrimoine, la manufacture horlogère Jaeger-LeCoultre met les petits plats dans les grands.



Un chapiteau a été dressé au pied de la manufacture Jeager-LeCoultre. 

Depuis une année, la manufacture la prépare, sa fête. Et aujourd'hui, elle concrétise enfin tout ce qui a été mijoté par le staff ad hoc pour que les réjouissances soient belles. Il y a trois semaines, la Grande Maison – son petit nom depuis plus d'un siècle – était la cible de cambrioleurs à la voiture bélier. Qu'importe. Que la fête soit! Des mesures de sécurité ont été prévues.

Les festivités ont débuté hier déjà. Une centaine de personnes, principalement de la Vallée – amis, fournisseurs de composants horlogers, autorités communales et villageoises, entre autres – avaient répondu présent à l'invitation de l'entreprise. A la visite des nouveaux locaux et de la Galerie du Patrimoine a succédé le repas de midi offert dans la grande tente dressée au pied de l'un des temples de l'horlogerie combière.

Riche collection

L'inauguration officielle de ce musée, qui a lieu aujourd'hui, est réservée à un parterre trié sur le volet. Ainsi, quelque trois cents invités venus de Suisse et du monde entier, auront l'honneur de découvrir, ce soir, la plus riche collection horlogère estampillée Jaeger-LeCoultre (plus de 500 pièces). Par ailleurs, un repas sera servi à ces hôtes sous le chapiteau. Et, confidence d'Isabelle Gervais, des relations publiques, «la soirée réserve une surprise, mais je ne veux pas tout dévoiler».

Surprise lumineuse

Seule petite «fuite» consentie par l'attachée de presse: un jeu de lumière savamment orchestré illuminera la façade de l'ancien bâtiment, de laquelle émerge le monumental portique de marbre tendu de verre, la nouvelle réception récemment mise à mal. Raison pour laquelle la route principale, qui est investie de plusieurs tentes – météo oblige – a dû être bouclée sur ce tronçon depuis hier à 18 h, et ce jusqu'à demain aux environs de midi.

24 Heures / JEAN-FRANÇOIS AUBERT / www.24heures.ch

 

 Jaeger-LeCoultre approfondit sa relation clients

La marque de montres, qui multiplie les opérations vers ses acheteurs, ouvre aujourd'hui un musée au sein de sa manufacture. 

A côté de son modèle emblématique, la Reverso, la marque élargit son offre, avec par exemple cette tulipe s'ouvrant sur une montre toute en pierres précieuses et la Master Compressor Extreme LAB, une montre ne nécessitant ni huile ni graisse susceptibles de sécher.

Dans une vitrine haute de plus de 4 mètres s'échelonnent 300 mouvements de montres de différentes époques. Plus loin, quelque 200 modèles anciens sont mis en scène, d'une version de poche datant de 1928 à une Reverso dévoilant le portrait, en émail, d'une jeune Indienne à l'histoire mystérieuse. Inaugurée aujourd'hui par Jaeger-LeCoultre dans sa manufacture suisse de la vallée de Joux, cette Galerie du patrimoine - version modernisée du musée - doit appuyer le travail actif de la marque en matière de relations avec ses clients. Une majorité de gros détaillants commercialisant la griffe a d'ailleurs déjà planifié des visites avec ses propres consommateurs. Une fois par semaine, l'espace est, en outre, ouvert à tous sur inscription. Dans l'univers de l'horlogerie, le lien à la marque prend une importance particulière et le secteur emprunte ses propres voies pour séduire et fidéliser des acheteurs généralement très avertis. Jaeger-LeCoultre organise ainsi une fois par an dans ses villes phares des « master classes » permettant aux amoureux de la marque de démonter et recréer une montre sous la houlette d'un expert. Dans l'espoir qu'ils parlent de cette expérience dans leurs prochains dîners en ville. Cette année, la session parisienne est prévue en novembre. Autre étage du dispositif : des conférences sont données à travers le monde sur des thèmes pointus de l'horlogerie comme le Tourbillon Tour qui rassemblait un historien et un ingénieur des matériaux ou, au printemps prochain, le Duomètre Tour.

Constitution d'un club

La marque du groupe Richemont a aussi lancé un club. Outre l'échange d'informations, la discussion autour d'un blog ou la possibilité de construire virtuellement une montre sur un site Internet réservé, être membre ouvre accès à des événements. En avril, lors du Salon international de la haute horlogerie, des boutiques à Londres, Paris, Genève et Hong Kong les invitaient à découvrir une nouveauté. Dans l'Hexagone, il a fallu refuser du monde.

Dans sa communication, l'horloger met aussi largement sa manufacture sur le devant de la scène. « Dans un monde à la recherche de valeurs et d'intégrité, faire savoir que tous les mouvements sont fabriqués en interne est important. Etre le plus ouvert possible sur l'extérieur aide à nouer un lien aussi spécifique, intime et émotionnel que peut l'être la relation que chacun entretient avec sa propre montre », souligne Jérôme Lambert, directeur général de Jaeger-LeCoultre.

Pour ses opérations de mécénat, la griffe mise sur la photographie, au travers notamment d'un partenariat avec le Jeu de Paume à Paris. « Nous avons voulu choisir un thème d'expression parlant à tout le monde. Chacun fait de la photo alors que seuls certains peignent ou jouent d'un instrument. En outre, il s'agit d'un art jeune, ayant des bases classiques mais un aspect contemporain », ajoute le directeur général.

L'horloger, qui vend environ 50.000 pièces par an, revendique une croissance à deux chiffres de ses ventes, supérieure à celle d'un marché de la montre de luxe en très bonne forme. En France, la progression a atteint quelque 20 % l'an dernier. La médaille a toutefois un revers : la difficulté à satisfaire les commandes, faute de stock suffisant. « Actuellement, nous n'arrivons pas à suivre la demande non seulement sur les nouveaux modèles pour lesquels nos clients ont l'habitude d'attendre mais aussi sur les classiques », relève Yves Meylan, directeur de Jaeger-LeCoultre France. A la fin de l'hiver - le site étant en altitude il faut laisser passer les frimas -, la manufacture doit donc démarrer un programme d'agrandissement de 9.000 m2, alors qu'elle en compte 13.000 aujourd'hui.

En attendant, les nouveautés au prix moyen plus élevé tirent la croissance. Exemples extrêmes : deux pièces à 700.000 et 1 million d'euros se sont vendues cet été à Paris. « La marque est respectée et désirable dans ce segment de prix », se félicite Yves Meylan.

Des montres sport

L'horloger a aussi élargi son offre, notamment vers des montres sport. La Galerie doit d'ailleurs servir à exposer cette diversité. L'industriel ne veut pas se résumer, dans l'esprit du public, à son modèle emblématique, la Reverso, une icône qui a fêté l'an dernier ses 75 ans. Dans l'Hexagone, cette dernière représente sensiblement la moitié des ventes, contre les deux tiers auparavant.

« En sortant des produits d'image, nous faisons découvrir l'étendue de nos propositions », souligne le directeur France. Dernière innovation en date : la Master Compressor Extreme LAB, une montre en série très limitée ne nécessitant ni huile ni graisse susceptibles de sécher. A terme, certaines solutions seront adaptées à des produits un peu plus abordables.

Autre piste suivie : la haute joaillerie. Lors de la récente Mostra de Venise, une rose et une tulipe s'ouvrant sur une montre toute en pierres précieuses ont été présentées au cours d'une soirée et vendues dans la foulée pour la bagatelle de 500.000 et 550.000 euros. Avec, une contrainte : laisser à la marque le temps de les montrer à travers le monde. Ces deux objets préfigurent d'autres pièces. Une réplique comme une autre aux marques de joaillerie qui ont largement pris position dans le champ de l'horlogerie.

 

Les Echos / CLOTILDE BRIARD / www.lesechos.fr

 

 

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