WORLDTEMPUS – 17 mars 2010
Marco Cattaneo
Il y a le cœur de l'objet, que Georges Kern, CEO d'IWC Schaffhausen, appelle « le livre dans le livre ». Sept histoires courtes qui entraînent le lecteur sur les traces de deux plumes d'exception : Paolo Coelho pour le texte, et Enki Bilal pour les illustrations. Et puis il y a l'objet lui-même : près de 550 pages, 4 kilos et demi de connaissance, retraçant l'histoire d'IWC et présentant ses différentes familles de produits. Le tout réalisé avec un souci maniaque de l'exactitude, une approche historique rigoureuse, une analyse des sources, des recherches dans les archives, un doctorat d'histoire défendu au passage sur le sujet, au total plus de trois ans d'efforts pour ce projet lancé en 2007.

Le résultat est à la hauteur des efforts consentis, IWC Schaffhausen Engineering Time Since 1868, rédigé, pour ses parties historique et horlogère par Manfred Fritz, est un livre-objet exceptionnel, présenté hier à Schaffhouse, à la veille de Baselworld, par un Georges Kern toujours parfait en maître de cérémonie. L'homme et sa marque excellent dans cet exercice compliqué qui consiste à marier art et horlogerie, grandes stars et petites aiguilles. On connaissait déjà IWC s'essayant au cinéma avec John Malkovich, au théâtre avec Kevin Spacey ou au multimedia avec Cate Blanchett. Rien de surprenant donc à voir la marque entrer aujourd'hui en littérature !

Aquatimer au poignet, remplaçant d'une voix forte le micro terrassé par une panne d'électricité impromptue, Paolo Coelho est le premier ambassadeur de l'ouvrage. Il ne lui a pas fallu plus d'une semaine pour écrire les sept nouvelles originales que propose IWC. L'inspiration était là, « le temps m'a toujours fasciné. » L'écrivain brésilien, que son roman l'Alchimiste - vendu à 35 millions d'exemplaires - a rendu célèbre dans le monde entier, a accepté l'aventure notamment parce que « IWC est le résultat d'un rêve. J'aime les gens qui poursuivent leur rêve, et ce fut le cas de Florentine Ariosto Jones », cet Américain qui traversa l'Atlantique pour créer, en 1868, une marque de montres en Suisse, où l'on trouvait savoir-faire et main d'œuvre bon marché.

Enki Bilal, illustrateur, auteur de bandes dessinées, père de l'inoubliable Nikopol, réalisateur de plusieurs long-métrages, s'est lui aussi laissé séduire par le projet. « J'aime les montres, elles indiquent le temps qui passe, et leur mécanique est aussi complexe que la réalité d'aujourd'hui. » Et puis, il connaissait déjà l'écriture de Paolo Coelho, il savait qu'il trouverait dans le texte des images, un rythme, un sens caché qu'il appartiendrait au lecteur de découvrir. « Un texte que je n'aurais pas besoin d'illustrer au sens strict, mais dont je pourrais plutôt faire, par mes dessins, une lecture libre. »
La collaboration inédite entre Paolo Coelho et Enki Bilal, et toute l'histoire d'IWC, sont à découvrir dans ce livre tiré à 10'000 exemplaires, disponible en anglais, français et allemand, dès le mois d'avril.
