Comment aller plus loin? Par Guy Sémon

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Vice-président et responsable R&D chez TAG Heuer, Guy Sémon a conçu une méthode de modélisation pour élaborer, en théorie d'abord, les calibres. Une recette révolutionnaire.

WORLDTEMPUS - 6 décembre 2011Louis Nardin

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Guy Sémon, Vice-président et à la tête de la R&D de TAG Heuer. © TAG Heuer



Le scientifique – «Je transforme, je n'invente rien»

Ingénieur, chargé de cours, spécialiste de l'aéronautique militaire, et aussi aventurier de la science, Guy Sémon est arrivé chez TAG Heuer en 2008 pour faire fonctionner la Monaco V4. Il en est aujourd'hui vice-président et dirige également le département R&D. Première montre dans laquelle l'énergie se transmet via d'infimes courroies plutôt que par des rouages, la mise au point du V4 a coûté de tels efforts, avant tout au niveau de la recherche et du développement, qu'elle a débouché sur la création d'une culture de l'innovation au sein de l'entreprise. Aujourd'hui, 40 personnes travaillent dans le département de recherche et développement avec comme derniers travaux le Mikrograph et le Mikrotimer. Présentés à trois mois d'intervalles ce printemps, ce sont les premiers chronographes de format montre-bracelet à mesurer mécaniquement le temps au centième et au millième de seconde.

Théorie des mécanismes

«Je suis un transformateur», provoque l'ingénieur; «Je n'invente rien; mon travail consiste d'abord à utiliser les outils théoriques disponibles et à en créer de nouveaux si nécessaire.»
La Monaco V4 n'avait aucun équivalent dans l'histoire horlogère. C'est pourquoi Guy Sémon décide de mettre en place une méthode de modélisation. Sa recette se fonde sur la compréhension et l'analyse des microsystèmes mécaniques selon les différents types de liaisons décrites dans la théorie des mécanismes. «Pour la recherche sur le Mikrograph, chaque fonction a été considérée indépendamment et on a fixé pour chacune un critère de performance avec un niveau. Par exemple que l'indication des heures doit être précise à la minute. L'étape suivante est une analyse fonctionnelle pour évaluer les interactions entre ces fonctions. Toutes ces liaisons sont décrites sous forme cinétique pour les modéliser.»
Ce processus purement théorique permet de valider ou non le fonctionnement du mouvement et de voir si la relation entre les fonctions est cohérente. 

90% à découvrir encore


«Les résultats sont alors transmis aux constructeurs pour qu'ils les traduisent dans une réalité d'abord virtuelle, puis réelle lors de la phase de production.»
Se considérant comme un «petit chef d'orchestre», Guy Sémon intègre donc une étape d'études purement théoriques en aval de la construction, le point de départ habituel des projets de calibres.

L'approche, purement scientifique et théorique de Guy Sémon lui permet d'affirmer que «la recherche horlogère n'a pas découvert 10% de tout ce qui peut l'être. Des champs d'investigation importants restent à explorer.» La présentation en janvier du Mikrograph capable de mesurer le temps mécaniquement au centième de seconde, puis du Mikrotimer à Baselworld qui atteint le millième de seconde ont démontré l'efficacité de la méthode.

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