Confidences d'une cavalière hors pair

Edwina Tops-Alexander, ambassadrice Jaeger-LeCoultre, se prépare aux Jeux olympiques de Londres 2012.

Tribune des Arts - Juillet 2012
Propos recueillis par Sylvie Guerreiro

Classée meilleure cavalière d'obstacles au monde et 10e pour la catégorie mixte, Edwina Tops-Alexander, ambassadrice Jaeger-LeCoultre depuis octobre 2011, se prépare à défendre son Australie natale aux Jeux olympiques de Londres 2012, début août. Nous l'avons rencontrée mi-juin, en plein Global Champions Tour, au bord de la piscine de l'hôtel Majestic à Cannes, là où un mois plus tôt se bousculaient les stars du grand écran.

 

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Sylvie Guerreiro: Quelles sont les qualités requises pour être une bonne cavalière?
Edwina Tops-AlexanderIl faut être sûre de soi, déterminée, entièrement dédiée à ce que l'on fait, préparée aux risques encourus et avoir le goût du challenge. La force mentale est primordiale. Mais le succès est à 70% dû au cheval. Certains ont de bons chevaux mais qui ne leur correspondent pas. Les deux doivent être en adéquation, en parfaite harmonie. Physiquement, il faut être plutôt mince et bien sûr, en bonne forme car dans ce sport, on utilise toutes les parties du corps. Sans compter qu'en compétition, on ne reste que 70 secondes sur le parcours. C'est très court et très intense. Contrairement au reste du temps où l'on effectue plutôt un travail d'endurance. Il ne faut donc jamais arrêter l'entraînement. Quant au cheval, il doit être très souple et léger comme un danseur. Il doit aussi avoir une bonne bouche très puissante, un bon instinct, un bon mental et le sang chaud. Mais il n'y a pas de règle en ce domaine ni de race imposée.


À quoi ressemble votre quotidien?
Je passe en moyenne 48 week-ends par année en compétition, du vendredi au dimanche le plus souvent. Mais je monte tous les jours, six à huit chevaux par jour, durant huit heures. Je fais aussi du fitness trois fois par semaine avec un coach. Enfin, j'aide mon mari, Jan Tops, qui est marchand de chevaux de haut niveau, à trouver de bonnes montures (sachant qu'à ce degré, elles coûtent dans les 3 à 4 millions d'euros). Et je pense avoir des enfants...


Pourquoi avoir choisi ce métier?
Je ne sais pas. Ma famille ne fait pas partie de cet univers. C'est juste un truc que j'ai dans le sang. Une passion. J'ai 38 ans et voilà 30 ans que je fais du cheval! J'ai toujours adoré les animaux mais avec les chevaux, je vis une relation différente, profonde, fusionnelle, où l'on est à l'écoute l'un de l'autre. C'est une chance d'avoir trouvé ce que j'aime vraiment faire et de réussir en ce domaine. Le jumping est la discipline équestre la plus cool en ce sens qu'elle n'est pas aussi exigeante que le dressage ou le polo où les règles sont très strictes.


Toutes les petites filles adorent les chevaux mais peu deviennent professionnelles. Comment l'expliquez-vous?
En fait, cela dépend du pays. Je suis née en Australie, à Sydney. Là-bas, la proportion hommes/femmes est à parts égales. Alors qu'aux États-Unis, on compte 60% de femmes pour 40% d'hommes. Et en Europe, 20% de femmes contre 80% d'hommes. Cela vient, je pense, de la manière dont on élève les chevaux, qui a beaucoup changé ces dernières années. Avant, ceux-ci étaient plus grands, plus forts, donc mieux adaptés aux hommes. Aujourd'hui, c'est plus une question de feeling. Par ailleurs, tout est devenu plus technique, le sol, la façon de sauter et de courir, les sabots... Ces changements ont permis aux femmes de monter dans ce sport. Il y en a de plus en plus et cela va continuer. C'eut été un monde macho, mais ça ne l'est plus.


Dans la “vraie vie”, êtes-vous plutôt féminine ou garçon manqué?
Je suis très féminine, je l'ai toujours été. J'ai d'ailleurs toujours aimé la mode. Enfant, je voulais devenir styliste mais je ne savais pas dessiner.


En avril dernier, vous avez visité la manufacture Jaeger-LeCoultre au Sentier. Qu'en retenez-vous?
J'ai été très surprise par l'incroyable quantité de détails et de temps nécessaires à la fabrication d'une montre. J'étais loin d'imaginer une chose pareille. C'est un métier aussi difficile qu'impressionnant. Je suis très heureuse d'avoir effectué cette visite.

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