Fous de... voile !

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Angelo Bonati, CEO de Panerai et Denis Flageollet, co-fondateur de De Bethune nous parlent de leur passion pour la voile.
Gmt n°29 - Automne 2012

Brice Lechevalier



Angelo Bonati, CEO de Panerai

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Brice Lechevalier: Quand est née cette passion pour la voile ?

Angelo Bonati: Elle remonte à mon enfance, j'habitais à la campagne et j'étais fasciné par les voiles que je voyais à la télévision, je me demandais comment il était possible qu'elles flottent ainsi au vent. Malheureusement, les années sont passées trop vite et ce n'est qu'après mes 30 ans que j'ai pu prendre des cours sur le lac de Côme.

Quel est votre meilleur souvenir ?

Le premier bateau que j'ai acheté, un Jeanneau.

Et en régate ?
J'aime la mer mais je ne régate pas beaucoup. Je garde un excellent souvenir d'une manche à 15 noeuds sur le vieux gréement Bona Fide pendant les Régates Royales de Cannes il y a quelques années.

De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ?
De la restauration d'Eilean, un ketch construit par le chantier Fife en 1936 et rapporté d'Antigua par Panerai en 2006 pour être intégralement rénové dans la plus pure tradition. Il nous a fallu deux ans et demi pour redonner tout son éclat à son élégance sobre, pendant lesquels j'ai beaucoup appris. C'est un symbole de l'amour de la mer que seule la voile réussit à exprimer.

Quel serait votre rêve ultime ?

Un tour du monde en monocoque, pour connaitre toutes ses mers et y faire des rencontres de l'autre côté de la planète. En prenant le temps de m'arrêter où bon me semble et aussi longtemps que j'en ai l'envie.

Que pensez-vous de la 34e America's Cup ?
Je n'en pense rien, je ne la suis même pas. Ils ont réduit une tradition à néant.

En quoi cette passion influence-t-elle votre activité professionnelle ?
On ne peut pas parler d'influence, je distingue bien les deux. J'ai la chance de pouvoir m'occuper d'une marque fortement liée à la mer et je mets à son service ma connaissance de ce milieu. Même si c'est agréable, c'est du travail. Ce dernier s'arrête quand je suis à bord de mon bateau.



Denis Flageollet, co-fondateur de De Bethune

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Brice Lechevalier: Quand est née cette passion de la voile ?

Denis Flageollet: Durant mon enfance : l'atelier du menuisier qui fabriquait les barques de pêche en pin et en mélèze se situait à 100m de l'atelier d'horlogerie de mon grand-père, ça sentait bon le mélange de bois et de goudron et j'aimais le regarder travailler. Mon père m'emmenait pêcher sur le lac d'où je voyais des voiliers orange qui m'attiraient au plus haut point. Après la fabrication de quelques maquettes qui ont fâcheusement coulé, vers 12 ans, j'ai pu enfin naviguer. Même s'il s'agissait banalement du fameux Vaurien dessiné pour l'école de voile des Glénans, c'était pour moi une aventure et une découverte extraordinaire des éléments.

Quel en est le meilleur souvenir ?

Mon premier passage du raz de Sein (dans le Finistère) à la pleine lune, sous spi avec un Sparkman & Stephens construit chez Rasmussen en 1954, dont il ne reste que quelques unités dans le monde.

De quelle réalisation êtes vous le plus fier ?
La restauration en autodidacte d'un Requin en acajou de 1960 ! J'ai arrêté de compter mes heures au delà de 1000, cela fait plus de 20 ans que je le rénove régulièrement.

Quel serait le rêve ultime ?
L'Everest de la voile, le Vendée globe, bien sûr totalement inaccessible à mon niveau. Imaginez vous seul ne serait ce qu'une seule nuit sur un 60 pieds Imoca lancé a pleine vitesse dans les mers du sud !....

Que pensez-vous de la 34e America's Cup ?

Joli défi technologique et humain. J'apprécie que la course revienne en monotypie et prévoie beaucoup de régates, depuis les World Series jusqu'à la finale de l'America's Cup.

En quoi cette passion influence votre activité professionnelle ?
Cette activité permet de se vider la tête instantanément, de prendre du recul. C'est une école de patience qui pousse à l'introspection. Ce sont des vertus indispensables à l'équilibre d'une vie professionnelle obstinée.

 

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