Crise ?
Oui et non. Beaucoup tremblent, prédisent le pire, mais ce serait avoir la mémoire courte. Ce que nous traversons n’a rien à voir avec 2009. A cette époque, c’était catastrophique. Juste avant la chute de Lehman Brothers, nous étions à +18% de croissance en moyenne annuelle. Après le krash, nous avons perdu entre 8 et 10 points...par mois. Nous avons terminé à -16%. Rien à voir avec la situation actuelle, en ce qui nous concerne.
Licenciements ?
Non, pas chez nous. Est-ce que j’y ai pensé ? Oui. C’est ma responsabilité, mais nous n’en avions pas besoin. Notre croissance a été ralentie, mais cela reste une croissance. Quant au chômage technique, partiel, ce n’est pas une mesure que j’approuve. Avoir une personne qui reste deux jours de plus chez elle après le week-end, puis revient alors que d’autres ont continué à travailler dans ce même temps, c’est psychologiquement très déstabilisant, voire néfaste. Je ne veux pas de cela chez nous.
Deux chiffres ?
Ah, le mythe de la croissance à deux chiffres ! Nous ne l’atteindrons pas cette année. Elle était dans nos objectifs, mais nous n’y parviendrons pas. Nous terminerons l’année à 2%, très vraisemblablement.
Connecté ?
L’Horological Smartwatch, notre plus gros lancement, bien évidemment. Les pièces sont déjà en boutique, depuis cet été. Depuis juin, nous en avons fabriquées environ 22 000. Notre objectif annuel est de 40 000 unités cette première année, nous y parviendrons sans difficulté.

Modèle payant ?
Pas pour le moment sur nos smartwatch, mais nous y travaillons. Nous pourrions penser à des offres Premium pour certains clients qui le souhaitent, avec par exemple un coaching personnalisé, des programmes d’entrainement, de course, etc. C’est sur notre feuille de route en tant que service additionnel à notre offre standard gratuite.
Cloud ?
C’est effectivement le dernier service à activer sur l’Horological Smartwatch. C’est imminent, il devrait être en ligne d’ici fin septembre. Nous allons nous reposer sur le cloud Amazon, très éprouvé, situé aux Etats-Unis.
Données privées ?
Je vois ce que vous voulez dire, toute la question de la protection des données de nos clients au sein d’un cloud américain, régi par des lois américaines. Nous avons anticipé cette question et avons parfaitement sécurisé le périmètre légal de ces données avec nos avocats à Zurich. Il n’y a strictement aucune donnée qui pourra être transmise à un tiers depuis notre application partenaire, MotionX, sans le consentement express de leur propriétaire.
Baselworld ?
Nous y travaillons déjà. Ce que je peux d’ores et déjà vous dire, c’est que nous planchons sur une réduction de notre module connecté, ce qui nous permettra d’obtenir des diamètres beaucoup plus petits. Actuellement, les Horological Smartwatch chez Alpina descendent jusqu’au 39 mm. Nous devrions prochainement être capables de tomber à 33 mm.
Relais de croissance ?
Difficile à dire. Côté BRIC, il y a peu voire pas de croissance, ou bien des taxes trop importantes à l’export, comme au Brésil, mais il faut à nouveau faire preuve de mémoire. Je me souviens qu’il y a exactement vingt ans, en 1995, nous ne vendions strictement rien en Russie, absolument aucune pièce. Vous connaissez la suite. De la même manière, il y aura de meilleurs lendemains à la situation actuelle, en Russie mais également en Chine. En revanche, en Europe centrale, cela me paraît très compliqué pour le moment, peut-être plus que l’Afrique où émerge une classe moyenne et où nous allons progressivement nous positionner.
