Nouveau temple du mécanique

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D'ici fin 2013, la fabrication et l'assemblage du Calibre 1887 seront effectués dans une nouvelle manufacture à Chevenez, dans le Jura. Les travaux ont débuté.

Tribune des Arts - Juin 2012
S.G.

Pour conserver sa place de leader mondial des chronographes de luxe, Tag Heuer doit pouvoir proposer des mouvements exceptionnels et novateurs, mais aussi avoir un accès illimité aux mouvements mécaniques. C'est pourquoi, le 3 mai, la marque lançait la construction d'une nouvelle manufacture high-tech à Chevenez, commune de Haute-Ajoie dans le Jura. Les travaux devraient durer 18 mois et générer, à terme, 100 nouveaux emplois. Coût de l'opération: plus de 25 millions de francs.

 

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Ce bâtiment de 2500 m2 viendra compléter les sites de La Chaux-de-Fonds où réside le siège social, celui de Cornol, dans le Jura, où est implantée la société Cortech, spécialisée dans les boîtiers, et celui de Tramelan, dans le canton de Berne, où est basé ArteCad, une manufacture de cadrans acquise par TAG Heuer l'an passé. Sa mission: fabriquer et garnir les composants clefs de mouvements mécaniques, dont le Calibre 1887, et en assurer la totalité de l'assemblage. Tâches actuellement effectuées à La Chaux-de-Fonds et à Cornol (qui pourra ainsi se recentrer sur sa vocation première). Le but: augmenter de manière significative les capacités de production du Calibre 1887 et, plus largement, doubler celle des mouvements mécaniques.

Il faut dire que le Calibre 1887 n'a rien de banal. L'idée en a germé début 2006, “en plein boom de l'horlogerie, précise Jean-Christophe Babin, président et CeO de TAG Heuer. Nous ne trouvions pas de mouvement mécanique dans les quantités nécessaires à la marque pour poursuive sa croissance.” Il fallait qu'il soit fiable, puissant, robuste et facile d'entretien, mais productible en gros volumes et à des coûts raisonnables. Ainsi fut prise la décision de le concevoir et de le développer en interne. Et autant en profiter pour rendre hommage à une invention maison: le pignon oscillant qui, mis au point par Edouard Heuer en 1887, est venu remplacer les deux grandes roues des mouvements antérieurs, augmentant remarquablement l'efficacité des chronographes. D'ailleurs aujourd'hui, il constitue encore le cœur de presque tous les chronographes mécaniques. À la différence près qu'ici, il se présente sous une version revisitée.

 

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Chrono d'exception

Dévoilé en décembre 2009, le Calibre 1887 est en effet un chronographe automatique à roue à colonnes intégré où le fameux pignon fonctionne en tandem avec elle, à la manière d'un embrayage de voiture. Tandis que la roue à colonnes, qui assure la coordination des fonctions de départ, d'arrêt et de remise à zéro du chronographe, œuvre selon le principe d'une boîte de vitesses. Ce qui permet au chronographe de se déclencher en moins de 2/1000e de seconde. Une prouesse doublée d'un dispositif de remontage d'une efficacité redoutable.

Pour le reste, TAG Heuer s'est basé sur un ensemble d'éléments dont la marque a racheté la propriété intellectuelle à Seiko Instruments Inc. (SII) qu'elle a ensuite passé trois ans à reconstruire et à modifier, redéveloppant les composants clefs et faisant en sorte qu'ils puissent être produits en grandes quantités. C'est pourquoi l'assemblage du Calibre 1887 est effectué sur une ligne semi-automatique révolutionnaire, où chacun des mouvements est individuellement suivi par un logiciel et où il est automatiquement acheminé au poste suivant lorsque les opérations sur le précédent sont terminées. Cette chaîne peut aussi facilement intégrer de nouvelles opérations ou s'adapter à d'autres mouvements sans qu'il soit nécessaire d'apporter des changements majeurs. Un sérieux avantage, même si TAG Heuer ne souhaite pas produire l'intégralité de ses mouvements. D'autant qu'un nouveau Calibre chronographe automatique est déjà en cours de développement...

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