La complication et la délicatesse

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Complexity and delicacy - Louis Vuitton
Baselworld - la Maison pasienne explore la grâce féminine et la puissance virile. Mais elle frappe aussi là où on ne l’attend pas: la complication innovante.


Quand Louis Vuitton a fait l’acquisition de la Fabrique du Temps, la marque parisienne a mis la main sur une des plus belles pépites de la fabrication de mouvements suisses à grande complication. Mais à part des tourbillons, que pouvait bien faire un mastodonte du luxe d’un aussi fin outil? C’était mal connaître les ambitions de la marque au monogramme. Sous l’impulsion de son Vice-Président Horlogerie, Hamdi Chatti, elle veut se placer sur un créneau d’horlogerie généraliste: du plus ornemental au plus compliqué, de la bijouterie à la haute horlogerie en passant par les montres à vivre.


Délicatesse

Côté ornemental, une nouvelle série de Tambour Bijou Secret joue la délicatesse d’un boîtier de petite taille et aux cadrans précieux. Malachite, lapis lazuli ou turquoise habillent ces petites montres délicates. Toujours dans un esprit féminin, mais cette fois-ci avec des ambitions plus techniques, la nouvelle Tambour Monogramme est le nouveau fer de lance de Louis Vuitton auprès du public féminin. Le boîtier Tambour a été renversé, partie large vers le haut, et habillé de cadrans précieux. Les mouvements sont mécaniques sur les grands modèles, comme s’il s’agissait d’une évidence. Ils culminent en un tourbillon à micro rotor serti, indubitablement féminin. Amener les dames à l’horlogerie mécanique, voire compliquée, fait partie des desseins de la marque.
 

 



Puissance

 



Côté masculin, voici une nouvelle Tambour sport. La Tambour eVolution est virile et puissante. En version chronographe ou GMT, elle utilise un nouveau matériau: sa lunette est faite de MMC, un composé d’aluminium utilisé dans les pistons de voitures de formule 1. Le boîtier est en acier, comme le nouveau bracelet articulé, ainsi que la pièce distinctive en forme de V qui épaule la couronne. Mais la vraie surprise vient de l’univers nautique. Louis Vuitton est très lié à la régate, sponsor officiel qu’il est de l’America’s Cup. Un an après un chronographe de régate totalement nouveau, la Spin Time Regatta dont une version or rose est lancée en 2013, Vuitton lance une seconde innovation destinée au chronométrage en mer: le Twin Chrono.

 

 

Innovation


Le concept est entièrement nouveau et un peu fou. Le chronographe monopoussoir lance deux chronométrages simultanés, celui de deux bateaux adversaires. Une seconde pression arrête le premier compteur et en lance un troisième. A la troisième pression, tout s’arrête pour indiquer le temps du second bateau et le différentiel entre les deux dans le compteur à midi. Une dernière pression remet les trois compteurs à zéro. Ce n’est pas une rattrapante, ce n’est pas un chronographe intégré, c’est encore autre chose: le mouvement est divisé en quatre parties. Chaque sous-ensemble chronographe a son barillet et son balancier et est donc autonome. Ils démarrent et s’arrêtent grâce à une roue à colonnes à quatre étages, unique en son genre, qui centralise et distribue les commandes. La quatrième partie est dédiée à la mesure de l’heure. L’ensemble tient dans un élégant boîtier en or gris et au cadran en émail grand feu bleu de toute beauté. L’objet est complètement rupturiste et iconoclaste. Louis Vuitton ne distribue ses produits que dans ses boutiques, un univers luxueux pas toujours adapté à la haute horlogerie. Comment un garde-temps aussi à part pourra-t-il trouver son public au milieu des malles, sacs et souliers griffés LV?

 

 

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