Femmes et mécanique, pari gagnant

Dans les années 1990, alors que l'horlogerie suisse avait clairement surmonté la crise du quartz, restait à savoir si la mécanique triomphante pouvait gagner les faveurs des femmes. La réponse, avec Patek Philippe…

Tribune des Arts - Mai 2012

Marie Le Berre



Allaient-elles adhérer définitivement à la facilité du quartz et limiter leurs choix à l'esthétique ou pouvaient- elles adhérer à des mouvements hautement techniques, à manipuler en connaissance de cause? Question de premier ordre pour des grands spécialistes du genre comme Patek Philippe qui n'a pas manqué de tenter l'expérience.

À la fin du XXe siècle, Patek Philippe se distingue dans la création de “petites” complications utiles, faisant preuve d'ingéniosité dans l'élaboration de fonctions pratiques au quotidien, de plus en plus faciles à manipuler et particulièrement lisibles. Parmi elles, la Travel Time de 1997, novatrice avec ses deux aiguilles des heures totalement indépendantes et son heure locale réglable dans les deux sens, est proposée aux hommes et aux femmes… en même temps. C'est une première qui répond à l'intérêt naissant des femmes pour les montres compliquées.

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En aparté

Le lancement de la Twenty-4®, en 1999, est une étape importante dans l'entreprise menée par Patek Philippe pour emporter l'adhésion des femmes contemporaines à la haute horlogerie. Philippe Stern, président, déclarait alors: “Nous projetons actuellement de renforcer notre présence sur le marché de la montre dame. Il y a là un fort potentiel pour Patek Philippe car j'ai le sentiment que, dans le segment de l'horlogerie traditionnelle de prestige, il y a largement la place pour une montre contemporaine de haute qualité.” Haute qualité esthétique bien entendu, mais également haute qualité technique. Les mouvements à quartz, adoptés à l'origine et restés majoritaires, ont une platine, des ponts et des rouages comparables à ceux que l'on trouve dans les mouvements mécaniques. Ces derniers feront leur apparition dans les Twenty-4® au début des années 2000. Point de complications cependant dans cette collection exclusivement féminine.

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Montée en puissance

Depuis le début du XXIe siècle, preuve est faite que la mécanique horlogère a de quoi séduire ces dames. En 2006, Patek Philippe affichait une production de 38 000 montres féminines avec une répartition de 28 000 montres mécaniques et 10 000 montres à quartz. On comptait un certain nombre de complications dont le fameux Quantième Annuel breveté en 1996 – calendrier intermédiaire plus compliqué que le quantième usuel, plus simple que le quantième perpétuel – qui a connu sa première version dame en 2005. Mais les réalisations les plus prestigieuses restaient à venir avec, notamment, la série des Ladies First. Aujourd'hui, le nombre de 38 000 recouvre les seules montres mécaniques sur un total de 50 000 montres féminines.

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L'avènement des Ladies First date de 2009 avec la Ladies First Chronograph. Elle mettait la gent féminine à l'honneur comme jamais car elle correspondait au lancement d'un nouveau calibre, destiné à devenir la nouvelle référence maison en matière de chronographe traditionnel à remontage manuel. Jamais auparavant Patek Philippe n'avait réservé une telle primeur aux femmes. Ont suivi, les premières grandes complications expressément conçues pour elles, les Ladies First Répétition minutes et Ladies First Chronographe monopoussoir à rattrapante en 2011, et cette année, la Ladies First Quantième Perpétuel. Avec les Ladies First, Patek Philippe donne ainsi un coup d'accélérateur à une évolution qui, on l'espère, sera irréversible.

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