Franc Vila,fondateur de la marque éponyme
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Né àValenceen 1972
L'histoire de lamarque FrancVila est celled'un tour demagie. Celled'un enfant qui voyait la montre deson père prendre vie à chaque foisqu'il la passait au poignet. Il ignoraitalors tout des masses oscillantes etde leur rôle. Aujourd'hui, si l'enfanta grandi et le mystère s'est éclairci,l'émerveillement demeure. Regardezbien. Les yeux de Franc Vila sonttoujours ceux de ce garçon qui, collectionnantdes montres, entreautres objets d'art, rêvait déjà d'unmodèle idéal. En vain. Alors, aprèsdes études en biochimie, puis enbeaux-arts et en philosophie, FrancVila se lance dans la création de lamontre de ses rêves. Or, son meilleurami est cadrannier. C'est lui qui, en2003, lui ouvrira les portes du paradisde la haute horlogerie.
Plaisirpersonnel
Poussé par son entourage, Franc Vilacrée finalement une petite entreprise,genevoise bien sûr. Son but:fabriquer des séries très limitées,complètement différentes, en y intégrantle meilleur de l'horlogerie.D'abord, juste pour lui. «Au départ,je n'avais pas l'intention de vendre.Mais j'ai eu cette chance que mesmontres plaisent. J'ai donc commencéà les commercialiser.» Il fautdire que sa première montre étaitune répétition minutes avec calendrierperpétuel! En 2005, une collection était née, incluant diverses complications.Prévisions pour 2007: lelancement de nouveaux calibres àcomplication, dont une montre àremontage manuel munie d'une trèsgrande réserve de marche, et quatretourbillons dont un chronographemonopoussoir et un autre avec répétitionminutes à sonnerie cathédrale.Par ailleurs, 6, Grand-Rue, dans laVieille-Ville de Genève, bureaux, atelierset boutique en nom propres'apprêtent tout juste à ouvrir. Lasuite logique de 2006 qui vit laconsolidation sur le marché internationalde la marque, notammentgrâce à l'inauguration de nombreuxpoints de vente.
Juan-Carlos Torres,directeur généralde Vacheron Constantin
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Né àBarceloneen 1956
C'est à son père ébéniste queJuan-Carlos Torresdoit des'être rapprochéde l'univers horloger. Il lui a transmisl'amour du travail manuel, le sens dela loyauté et du respect de l'autre, cegoût de toucher les matériaux noblescomme le bois… Arrivé à Genève,lorsque son père se lança dans ladéfense de l'ouvrier, le jeune Juan-Carlos avait déjà cette profonde estimepour l'horloger et son ouvrage.Mais c'est à d'autres hommes qu'ildoit son amour pour Vacheron Constantin. «Je me destinais à être expert-comptable, explique-t-il. C'est àce titre que j'ai intégré Camy Watch,une entreprise qui n'existe plus.Lorsque le directeur financier, SergeCapitoni, a quitté les lieux pour Vacheron Constantin en 1981, je l'aisuivi. Pour reprendre ensuite sonposte quand sonna l'heure de laretraite.»
Divulgation des secrets
Juan-Carlos Torres passe alors beaucoupde temps avec Marcel Goy, ledirecteur de la production, qui luidévoile tous les secrets d'une montreet en particulier ce qui fait la différenceentre une Vacheron Constantinet les autres. Et en vingt-six ans àsuivre l'évolution de cette marque, àcôtoyer tous les métiers et tous lesinestimables talents qu'elle renferme,Juan-Carlos Torres, directeurde Vacheron Constantin depuis octobredernier, est plus convaincu quejamais de son immense potentiel.C'est pourquoi 2006 fut pour luil'année de la consécration. D'autantqu'elle fit suite au 250e anniversairede la maison, avec des créationsuniques, auxquelles succèdent notammentla collection «ExcellencePlatine», une double rétrograde etun nouveau calibre automatique. En2007, suivront des pièces ornéesd'émaux et de gravures, façonnéespar des techniques inédites, ainsique de très hautes complications,toutes estampillées du Poinçon deGenève. Achèvera de se développer également l'atelier de commandesspéciales destiné à tous les passionnésd'excellence horlogère.
Carlos Dias,fondateurde Roger Dubuis
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Né àAgueda,Portugal,en 1956
Carlos Dias estavant tout un entrepreneuravecun goût prononcépour le design. Mais c'est aussiun créatif. Or, depuis l'enfance, il baignedans la mécanique, son père possédantune fabrique de motocyclettes.De là à se prendre d'amour pour lesmontres, il n'y a qu'un pas. Il le franchit à l'adolescence avec, bientôt, l'achatd'une premièremontre: une «Reverso»en acier de Jaeger-LeCoultre. Puis unedeuxième et une troisième… Et levoilà collectionneur. Jusqu'à fonder, en1995, sa propre entreprise, sous lenomde SOGEM(Société genevoise desmontres), devenue Manufacture RogerDubuis en 1999, laquelle produitaujourd'hui l'intégralité de ses mouvements,tous couronnés du Poinçon deGenève. Auparavant, Carlos Dias suivitune formation commerciale puis des études de sciences politiques à la Sorbonne,se lançant ensuite dans le designde meubles, l'édition et les accessoiresde prêt-à-porter. Aujourd'hui, s'ilne collectionne plus de montres, ilcollectionne les plaisirs éphémères,comme autant d'accouchements. «Cesplaisirs, ce sont les naissances de mesmontres. J'aime par-dessus tout lesdessiner et les découvrir lorsqu'ellessont faites. C'est toujours une joie immense que de les prendre en mainpour la première fois. La minute suivante,je suis déjà en train d'imaginerla suivante!» Et quand on lui demandelaquelle il préfère, Carlos Dias de répondre: «la prochaine, celle que je n'aipas encore faite.»
Nouvelle marque
Bien que 2006 fut difficile, en particulieren raison de l'incendie qui, justeavant le Salon horloger de Genève,ravagea les locaux de l'un de sespartenaires, fabricant de boîtiers, CarlosDias restructura son réseau dedistribution, notamment aux Etats-Unis, et vécu un magnifique SIHH. Dequoi être très optimiste pour 2007.Année durant laquelle il se concentreraau développement d'une nouvellemarque très haut de gamme, certainementgenevoise, dont le lancement estprévu pour 2008 et qui portera sûrementson nom.
Michel Nieto,directeur généralde Baume & Mercier
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Né àBarceloneen 1966
Il n'est pas uneseconde sansque MichelNieto ne penseaux montres. Ala création, à de nouvelles idées…De jour comme de nuit. Et cela faitdix-sept ans que ça dure. Dix septans de passion irrépressible quidébuta lorsque, à vingt-trois ans,désireux d'apprendre les langues etnotamment l'allemand, après des études en Suisse d'ingénieur en microtechniqueet en gestion d'entreprise,il fit son entrée au SwatchGroup à Granges. Merveilleux hasard.Travaillant dans la recherche etla gestion de projets, il découvre cequ'est une montre. «Lorsque je vis lenombre de pièces qu'il faut pourcomposer un mouvement, j'ai trouvécela démentiel, confie-t-il. Puisquand j'ai su le prix auquel une montre pouvait être vendue, parfoisplus d'un million de francs, j'ai comprisque c'était une oeuvre d'art. Etune fois qu'on y goûte, ça devientune drogue. Ça vous prend la peau,le coeur, l'âme.»
Surpriseen perspective
Après six ans passés au SwatchGroup, il intégrera le groupe Richemontpuis LVMH, chez Ebel et Zenith.Pour Baume & Mercier, qu'ildirige depuis octobre 2002, aprèsavoir été quelques mois directeur dumarketing et de la communication,l'année 2006 fut celle de l'ouverturedu marché chinois, le marché européenayant quant à lui retrouvé une pleine croissance. Côté produits,c'est la ligne «Riviera» qui s'est leplus distinguée. Créée il y a plus detrente ans, elle a connu, grâce àl'accueil fantastique fait à la «Riviera XXL», un véritable renouveau. En2007, ce sera au tour de la ligne «Hampton», âgée pour sa part d'environ15 ans. Le pilier de la marque. «Rajeunissement, nouvelle esthétique,plus brutale, agressive, contemporaine…nous allons vous surprendre », prédit Michel Nieto qui voit2007 comme une excellente annéepour l'horlogerie
Sylvie Guerreiro
Tribune des Arts - No348 - Février 2007



