Tribune de Genève - 16 septembre 2010
Gabriel Tortella - "Les propos de Gabriel"
Né à Neuchâtel, d'origine espagnole, de Santander exactement, Ricardo a fait ses débuts dans l'horlogerie à 23 ans. Après l'école commerciale, il entre dans le groupe Bulgari et rejoint en 1994 Blancpain, dirigé par Jean-Claude Biver. Cela fait donc seize ans qu'ils sont ensemble.

Calme, ayant réponse à tout, volontiers charmeur, Ricardo Guadalupe aime bien que la grande maison tourne de façon efficace. On sent qu'il y imprime une grande harmonie. Il va même jusqu'à contrôler que les montres soient bien livrées au jour et à l'heure prévus. Il est une sorte de reine des abeilles au masculin, à qui tout le monde obéit. Quand je me suis rendu chez Hublot la semaine passée, je vous avoue que j'étais même un peu jaloux de cette complicité entre les deux hommes. Ricardo voue une passion sans limites à Jean-Claude Biver, dont il est le confident attitré. Pourtant, il ne prend presque jamais la parole, mais il est très efficace. Quand c'est rouge avec lui, ça ne saurait en aucun cas être noir. C'est très agréable, m'a-t-on dit, de travailler avec lui, parce que l'on sait où l'on va. Perfectionniste, féru de mécanique, travailleur acharné tout en gardant toujours le sourire, il connaît à fond tous les modèles de montres, leurs prix et jusqu'à l'identité des clients.
Remarquez, je me suis laissé dire aussi qu'il appréciait les belles carrosseries et qu'il était très sensible au charme féminin. A eux deux, ils forment finalement un tandem redoutable. Et Jean-Claude Biver, qui transforme en or tout ce qu'il touche, ne manque jamais une occasion de le consulter et d'avoir son avis. Un jour, un jour peut-être, j'imagine que Ricardo Guadalupe, en digne héritier, pourrait lui succéder. Mais je ne peux imaginer le monde horloger sans Jean-Claude Biver…

