L'Agefi - 26 août 2009
Bastien Buss
Hublot monte à bord d'Alinghi. La marque horlogère, propriété du groupe de luxe français LVMH, a signé lundi soir un contrat de sponsoring avec le défi suisse d'Ernesto Bertarelli dans le cadre de la 33e édition de la Coupe de l'America. Les conditions financières de ce partenariat n'ont pas été révélées. Actif dans le haut de gamme, Hublot remplace ainsi Audemars Piguet, qui avait accompagné le syndicat suisse lors des deux dernières aventures victorieuses d'Auckland et de Valence de l'équipage helvétique.
Jean-Claude Biver, patron d'Hublot, n'en finissait pas hier de clamer son bonheur. «J'ai vu le bateau pour la première fois le 1er août. J'ai été complètement séduit. Mais aussi énormément ému de voir le drapeau suisse flotter au sommet du mât. En plus, des milliers de personnes s'étaient pressées le long des rives du Léman pour voir ce géant des mers». Les discussions entre le CEO d'Hublot et Ernesto Bertarelli n'ont pas traîné. A peine quelque semaines après l'annonce du forfait d'Audemars Piguet, sa marque embarque donc sur le nouveau bateau d'Ernesto Bertarelli. Depuis que le CEO a repris les rênes en juin 2004, Hublot a multiplié les partenariats, notamment dans le football, dans le polo, mais aussi dans la voile. Il était associé au défi italien Luna Rossa lors de la 32e édition de la Coupe de l'America, ou encore sponsor de plusieurs régates ou bateaux.

Au-delà la crise qui frappe l'horlogerie, 2009 sera une année à marquer d'une pierre blanche pour la marque, qui a inauguré il y a quelques mois son nouveau site de production de Nyon. De son côté, Audemars Piguet a déclaré se retirer de la compétition «pour se diriger vers de nouveaux horizons sportifs», sans en dire davantage pour l'heure.
«C'est tout bénéfice pour nous», s'est exclamé Jean-Claude Biver. La marque prévoit d'ores et déjà de nombreux événements et manifestations pour capitaliser ce partenariat. Hublot produira aussi une montre aux couleurs d'Alinghi, en série limitée de 500 pièces, composée de matériaux similaires à ceux utilisés dans la fabrication du bateau. Elle sera présentée le 10 décembre. Il est fort possible qu'Hublot ait obtenu un bon prix pour ce sponsoring, vu l'imminence de la manifestation (six mois à peine) et l'absence, jusqu'à hier, de sponsor de taille pour le défi suisse.
Pour la campagne en cours, Alinghi, outre Hublot, peut aussi compter sur le soutien d'Odlo, fournisseur officiel des vêtements, ainsi que du fabricant de logiciels SolidWorks, de l'entreprise Ansys (technologies et logiciels de simulation) ou encore du jurassien Wenger, spécialiste du couteau suisse. Par contre, UBS, Nespresso, MSC Cruises et Genolier Swiss Medical Network (GSMN) ne retenteront pas l'aventure. Pour sa part, l'horloger neuchâtelois Girard-Perregaux a décidé de ne plus hisser les voiles du défi américain BMW Oracle pour la nouvelle odyssée. Lors de la précédente à Valence, la marque faisait partie des sponsors. Et Jean-Claude Biver de se réjouir: «Ce serait magnifique d'êtres les seuls horlogers lors des régates de Ras al-Khaimah.»
Girard-Perregaux, société de la holding Sowind, qui appartient à 23% au groupe français PPR depuis l'an passé, veut utiliser ses ressources pour un autre projet. La marque projette en effet d'ouvrir une boutique en propre à New York, sur Madison Avenue, d'ici à la fin de l'année. Un pari de taille sachant que le marché américain est aujourd'hui sclérosé. Selon les données de la Fédération horlogère, les exportations vers ce pays ont reculé de 42,7% entre janvier et juillet de cette année à 808,9 millions de francs. Soit 600 millions de francs de moins pour l'horlogerie suisse que sur la même période de 2008. Dans la foulée, Girard-Perregaux a aussi mis un terme à son partenariat avec le Festival Menuhin Gstaad, dont il était l'un des sponsors.
Restent encore quelques inconnues dans l'imbroglio juridique de la Coupe de l'America. BMW Oracle a une fois de plus contesté le choix opéré par le défi suisse Alinghi quant à la tenue de la 33e édition. Le site émirati de Ras al-Khaimah (Emirats Arabes Unis) à l'embouchure du Golfe Persique sélectionné par le syndicat suisse serait selon le propriétaire du challenger américain, Larry Ellison, trop proche de l'Iran et donc exposé à d'éventuelles menaces terroristes.
