24 Heures - 22 octobre 2010Raphaël Delessert
Tonitruant, son rire résonne entre les vitres de la voiture qui l'emmène à l'aéroport. Jean-Claude Biver, patron des montres Hublot, est un homme ravi et il ne s'en cache pas.Tandis que l'homme d'affaires met le cap sur la Chine, marchéq ue lorgnent les manufactures horlogères de toute la Suisse,Hublot a déjà conquis la francophonie. A Montreux, la marque bénéficie d'un partenariat exclusif avec le Sommet: plusieurs dizaines de montres Hublot seront ainsi offertes dès aujourd'hui à la septantaine de chefsd'Etat attendus sur la Riviera.
Parmi eux, un certain Nicolas Sarkozy, friandde belles tocantes: Breguet, Patek Philippe, Rolex et Breitling garnissent sa collection. Estimé entre 5000 et 6000 fr., le coût de la Hublot Classic distribuée à Montreux reste modéré en regard de certains garde-temps arborés par le président français.Et c'est la Confédération qui a mis la main au porte-monnaie: la montre constitue en effet le cadeau officiel principal des autorités de Berne aux participants du Sommet. «Non, ce n'est pas moi qui vais distribuer les montres aux chefs d'Etat, se marre Jean- Claude Biver. C'est le cadeau de la Confédération, pas de Monsieur Hublot! Imaginez que vous achetez une cravate pour l'offrir à un ami. Ce n'est pas le vendeur qui viendra donner la cravate à l'ami en question! »
A noter qu'à Montreux, Hublot ne s'affichera pas seulement sous les manches des costards des grands de ce monde: des catalogues de la marque sont distribués dans les 2200 chambres d'hôtel occupées par les hôtes de la manifestation. On trouve des horloges Hublot dans chaque salle de conférences montreusienne, des vitrines avec des montres dans les halls des palaces, et Jean-Claude Biver a laissé un petit mot manuscrit dans les chambres de tous les chefs de gouvernement attendus au Sommet. «Les maîtres horlogers de Hublot et son personnel vous souhaitent la bienvenue à Montreux»,peut-on y lire.
C'est au hasard d'une rencontre, en marge d'une conférence à Zurich, que le patron a réussi ce coup fumant. «J'y ai croisé l'un des organisateurs du Sommet. Je lui ai demandé si la Suisse, pays de grande tradition horlogère, avait prévu d'offrir une montre aux chefs d'Etat qui viendraient à Montreux.»
«Ça paraît logique»
Peu après, Berne téléphone à Nyon, siège de Hublot, et le partenariat prend rapidement forme. «Offrir une montre en Suisse, ça paraît assez logique de la part de la Confédération. Nous sommes une entreprise vaudoise et francophone. Il nous paraissait important d'être associés à un événement phare qui a lieu dans ce canton. La francophonie célèbre la diversité des cultures; une valeur que nous pratiquons au quotidien », assure Jean-Claude Biver. L'année se termine avec faste pour celui qui vit sur les hauts de La Tour-de-Peilz, non loin du Centre de Congrès montreusien: en 2010, on a vu des montres Hublot au poignet du footballeur Diego Maradona, du sprinteur Usain Bolt et du skieur Bode Miller. La marque était aussi le chronométreur officiel de la dernière Coupe du monde de football, et remettra ça dans quatre ans au Brésil. Cet hiver, Hublot chronométrera les championnats du monde de ski alpin et de ski nordique. Enfin, la marque a signé un partenariat avec le groupe rock Depeche Mode.
