Les bracelets Thérèse de Bavière

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Trois parures de la princesse Paley qui finit par épouser le frère du tsar Alexandre III, sont les emblèmes des ventes de haute joaillerie de Sotheby's.

Tribune des Arts - Mai 2009
Michel Bonel

 

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Ce sont juste un collier, une aigrette et un ornement de corsage en aigues-marines et diamants, qui seront mis en vente par Sotheby's, avec une estimation de 120 000 à 170 000 francs pour chaque pièce. Mais, réalisés en 1912 par la maison Cartier, ils évoquent le souvenir de la princesse Paley (1865-1929) qui fit souffler un parfum de scandale sur la cour de Russie, ce qui lui valut parfois le surnom de duchesse de Windsor russe. Date-clé: 1891.

Cette année-là, Olga Karnovitch, née dans une famille de la petite noblesse pétersbourgeoise, fait la connaissance du grand-duc Paul Ier de Russie. Bien que mariée à un officier de la Garde Impériale, elle a le coup de foudre pour ce prince mélancolique, qui, frère du tsar Alexandre III et âgé de 31 ans, vient de perdre sa femme. Tout le monde, du mari au tsar, ferment les yeux sur cette romance. Jusqu'à ce que, sept ans plus tard, naisse de cette union, Wladimir.

 

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C'est alors la fuite à Paris où Olga épouse finalement son grand duc en 1902. Deux autres enfants naissent: Irène, en 1903, et Nathalie, en 1905. Dans la capitale, loin de la cour impériale des Romanov, le couple est l'invité d'honneur de toutes les fêtes. Avec, comme point d'orgue, un bal donné par Mme de Yturbe, où Olga fait une apparition spectaculaire, avec sa toque en zibeline, sertie de perles et de diamants, son dolman bordé de fourrures agrafé sur son épaule, tandis qu'un énorme diadème serti de diamants, retenant cinq rangs de perles, est accroché sur le devant de sa robe d'inspiration hongroise créée par Jacques Doucet.

 

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C'est l'époque où Louis Cartier, son joaillier favori, invente pour elle de fabuleuses parures à partir des pierres du grand-duc. Début 1912, le vent tourne. Le tsar pardonne à son oncle d'avoir épousé une divorcée. Toute la famille rentre en Russie. Olga et les trois enfants reçoivent le titre de prince Paley.

La fin est tragique. Lors de la révolution bolchévique, le grand duc est fusillé dans la cour de la forteresse Pierre et Paul, le 29 janvier 1919, tandis que son fils Wladimir, 21 ans, meurt dans un puits de Sibérie, après plusieurs jours d'agonie. Olga et ses deux filles, qui ont réussi à s'enfuir par le Golfe de Finlande pris dans les glaces, retrouvent Paris, une partie de leur fortune et les bijoux qu'elles ont réussi à dissimuler, comme la parure de diamants et d'aigues marines.

Seule la fille aînée d'Olga qui meurt en 1929, a eu une descendance. Son petit-fils, le prince Michel Féodorovitch Romanov, est décédé l'an passé. Autre lot noble, dans la vente de haute joaillerie de Sotheby's assemblée par David Bennett, président du département haute joaillerie pour l'Europe et le Moyen-Orient: une paire de bracelets en diamants, qui fut la propriété de la reine Thérèse, épouse du roi Louis Ier de Bavière (1786-1868). Ornés de deux portraits miniatures représentant le couple royal, ils ont été très probablement réalisés par Caspar Rielander (1796-1840), joaillier à la cour. Ils sont estimés de 95 000 à 125 000 francs.

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