Entrée dans une nouvelle ère

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La société horlogère va explorer d'autres complications après avoir réinterprété le tourbillon.
14 août 2009L'Agefi - Bastien Buss

Quadruple tourbillon à différentiel sphérique, tourbillon 24 secondes incliné ou double tourbillon technique. A première vue, la société Greubel Forsey pourrait s'adonner à la poésie, dans une sorte de catalogue à la Prévert revisité à l'aune horlogère. Mais, c'est bien de haute horlogerie dont il s'agit. Et même d'un des plus convaincants exemples que ce secteur puisse offrir à l'heure actuelle. Fondée par le binôme Robert Greubel et Stephen Forsey, la jeune société a su entrer dans la cour des grands en quelques années seulement. Comme souvent dans les belles histoires, cette aventure se décline au pluriel. Déjà au bénéfice d'une solide expérience horlogère, Robert Greubel et Stephen Forsey se sont rencontrés et ont collaboré au sein d'Audemars Piguet (Renaud & Papi) SA en 1995. Lorsqu'ils fondent Compli- Time, entreprise spécialisée dans le développement de mouvements compliqués en 2001, ils rêvent déjà d'un autre projet, celui qui conduira à la création de leur entreprise. Un pas franchi en 2004. Cinq ans plus tard, il n'est plus besoin de présenter la société. Son nom est devenu une référence, surtout au niveau de l'innovation dans l'approche des tourbillons. Le groupe Richemont, numéro deux mondial du luxe, n'est d'ailleurs pas resté indifférent et a pris une participation de 20% dans l'entreprise. Désormais pérennisée, la société va entrer dans une deuxième phase de son développement. Ce nouveau chapitre porte sur deux éléments phares. D'abord, la société s'offre un nouvel outil de production devisé à 11 millions de francs à l'ouest de La Chaux-de-Fonds, afin d'optimiser son processus de fabrication (lire en page 1). Greubel Forsey_326250_0Ensuite, «tout en gardant le fil rouge des tourbillons, la société va explorer d'autres complications horlogères », selon Stephen Forsey. A ce stade, il ne souhaite pas en dévoiler davantage mais, une chose est sûre, comme depuis le début de l'odyssée, il n'y aura aucun compromis ni concession sur la qualité et l'innovation. Par exemple, toutes les terminaisons des composants se feront toujours à la main. «Nous essayerons de continuer à faire honneur à notre slogan: inventeurs horlogers», comme le corrobore Emmanuel Vuille, CEO de l'entreprise. Ce dernier, venant de Vaucher Manufacture à Fleurier, a rejoint l'entreprise en janvier de cette année. Il s'occupe désormais de l'opérationnel, laissant aux deux propriétaires Robert Greubel le volet créatif et à Stephen Forsey la technique et l'innovation. «Notre approche est toujours artisanale, jusqu'au-boutiste et esthétique.» Cette qualité a évidemment un prix. Les garde-temps oscillent entre 300.000 et 670.000 francs, prix public conseillé. Mais il faut préciser que les montres nécessitent selon les modèles entre six à huit mois de travail. La société écoule une centaine de pièces par an (108 prévues en 2009) dans un réseau qui se compose d'une trentaine de détaillants et l'objectif n'est absolument pas de viser une croissance des volumes. Une stratégie déjà mise en place lors de la période d'euphorie de ces cinq dernières années et qui n'a pas changé malgré les nombreux mirages qui en ont découlé. « Nous voulons certes grandir, mais plutôt qualitativement », indique Stephen Forsey. La production restera donc volontairement limitée. Greubel Forsey_326250_1Greubel Forsey et ses sociétés affiliées, comme CompliTime ou CT Design, emploient une centaine de personnes. «25 nouveaux collaborateurs ont été engagés l'an passé», rappelle le CEO. Et la crise? «Bien sûr que nous la ressentons, il serait mensonger d'affirmer le contraire. Mais nous avons tout de même engagé une dizaine de personne depuis le début de l'année pour répondre à notre expansion». Une prouesse alors que le contexte impose à beaucoup des redimensionnements drastiques. Et quand peut-on espérer une vraie reprise? Impossible de le prévoir à ce stade, répondent de concert les deux hommes. La récession aura toutefois induit un changement de taille. «L'horlogerie ne retrouvera pas avant longtemps les volumes qui étaient les siens il y a encore peu», met en garde le CEO. Greubel Forsey se veut toutefois confiant. «Les marques qui offrent vraiment de la substance seront les gagnantes de la crise.» Et Emmanuel Vuille n'a aucun doute que Greubel Forsey en fera partie.Greubel Forsey_326250_2
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