Les mythiques autos de M. Macaluso

Le PDG de Girard-Perregaux et JeanRichard est aussi un ancien pilote de rallye dont la collection d'automobiles est considérable. Fait rare, il partage son amour des voitures avec Bilan.


Luxes par Bilan - Juin 2010Propos recueillis par David Chokron

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Luigi Macaluso est un homme réservé. Chapeautant les marques Girard Perregaux et JeanRichard, il fut pilote de rallye en parallèle de ses études d'architecture à Turin dans les années 70. Sa collection de voitures est vaste et hautement personnelle. Abondant en pièces uniques ou rarissimes, elle brille non pas par des modèles précieux mais par leur dimension historique. D'une voix douce, il répond à nos questions avec érudition et amour de la mécanique.

Bilan: Etes-vous un passionné d'automobile?
Luigi Macaluso: La voiture n'est pas une passion, c'est une partie de moi. Elle est dans ma peau. C'est une expression naturelle de moi. Je ne suis pas un collectionneur.

Comment choisissez-vous vos voitures ?
Je les ai rassemblées selon deux thèmes. Le premier est scientifique, historique. Ce sont les voitures de rallye des années 1965 – 1992. C'est une époque mythique où les marques montraient leurs voitures de ville en compétition, où on pouvait courir avec peu de moyens. Les marques alignaient 10 – 15 équipes d'usine. Et en 1992, les matériaux composites et l'électronique ont changé la donne.

Sur quels critères les retenez-vous ?

Elles doivent toutes être des modèles d'usine, en condition originale et parfaite et avoir un palmarès. J'en trouve rarement aux enchères. Je les achète plus en direct. On me connaît dans le milieu. Et après 30 ans, je suis devenu un petit peu difficile.

Vous en manque-t-il une en particulier?
Une Peugeot Turbo 16 groupe B Evo 2. J'ai déjà vu des Evo 1 mais elles ne me plaisent pas.

Et le second thème ?
C'est le design. Une logique émotionnelle.

Une voiture en particulier ?
J'ai participé au développement de la Ferrari 612 Scaglietti. Elle est intéressante, mais c'est pour les personnes âgées. Elle a quatre places. Sinon je me suis intéressé aux innovations technologiques de la Lamborghini Miura 400 SV. Elle a été dessinée par Gandini chez Bertone et motorisée par Giotto Bizzarini.

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Vous courez encore ?
Oui, mais pas comme avant. Je vais emmener 5 ou 6 voitures au Goodwood Festival of Speed au mois de juillet. Je vais courir la course de côte. Avant, je ne participais jamais pour participer. Maintenant, je cours pour être avec les amis.

Lesquelles préférez-vous piloter ?
Je n'ai pas de voiture préférée. Ce n'est pas possible. Mais les plus intéressantes à piloter sont les anciennes groupe C, les prototypes, comme la Lancia Beta Monte- Carlo Endurance et la Lancia Ferrari Martini LC2. Sinon, ma voiture officielle est une Panda 4X4.

Avec toutes ces voitures incroyables, vous conduisez une Panda ?
Pour tourner en ville, c'est magnifique ! Sinon, à la Chaux-de-Fonds, je marche de chez moi au bureau.

Laquelle est la plus précieuse pour vous ?
Sûrement une Fiat X 1/9 Abarth que j'ai passé trois ans à développer avec la FIAT pour battre les Alpine et les Delta. On l'a faite tourner un an et demi en groupe 5, mais le marketing de FIAT a refusé de la faire homologuer. Alors je me suis fâché et j'ai quitté la course pour m'occuper de montres. C'était en 1975. J'ai acheté la voiture que j'ai trouvée par hasard près de Turin en 1985, en pièces détachées.

Dans l'esprit, êtes-vous encore pilote ?
Pilote de rallye, oui. J'ai découvert le circuit plus tard dans ma carrière. Ce sont deux émotions différentes. Le rallye, c'est plus spontané, plein d'imprévus, c'était une aventure avec l'humain au centre. Le circuit, c'est magique, la quintessence de la performance où il n'y a pas d'improvisation. Ce sont deux aspects de mon caractère.

Et que vont devenir toutes ces voitures ?
Je réfléchis à créer une fondation. Il faut récupérer un peu de la culture des sports mécaniques. Aujourd'hui, tout va trop vite, le F1 écrase les autres catégories, qui en souffrent. Il faut récupérer le facteur humain, sinon ça ne marche pas.

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