Email et grands feux

A l'occasion des Designer Days, à Paris, Girard-Perregaux a présenté une ww.tc à cadran émail en série limitée dans une boutique éphémère, celle des cuisinières La Cornue.
  

WORLDTEMPUS – 17 juin 2011

David Chokron


La sauce a pris. Elle ne va pourtant pas forcément de soi. D'aucuns penseraient que la haute horlogerie et les fourneaux sont comme l'eau et l'huile. Et pourtant, la marque La Cornue, spécialisée dans les cuisinières à l'ancienne et très haut de gamme, partage certaines valeurs avec Girard-Perregaux. La plus évidente en est le degré d'exclusivité. La seconde est prétexte à la réunion qui a eu lieu jeudi soir 16 juin dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris.  Elle est plus connue du monde horloger : le travail de l'émail à haute température.

Girard-Perregaux_330669_0Garder au chaud

D'un côté, les cuisinières La Cornue sont disponibles dans un éventail large de teintes d'émail. De l'autre, la marque de La Chaux-de-Fonds dispose d'un atelier d'émaillage en propre. Localisé au dernier (et étroit) étage de sa manufacture, il est destiné à la réalisation et à la cuisson de cadrans rares ou sur commande. Ajoutons à cela un nouvel ingrédient, une épice anglaise, et l'émulsion est complète. En effet, Girard-Perregaux est le propriétaire des droits d'utilisation commerciale du nom John Harrison. L'horloger anglais fut le vainqueur du concours de 1714 visant à fiabiliser la détermination de la longitude en mer. Harrison fut l'un des rares à utiliser la chronométrie comme solution au problème. A ce titre, il porte l'un des patronymes légendaires de l'horlogerie.


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Garder le temps

Il donne lieu à quelques séries limitées Girard-Perregaux, rares et espacées dans le temps. Neuf ans après un modèle de plongée de la ligne Sea Hawk, la John Harrison de 2011 est une ww.tc, le fameux modèle à heures du monde. La série limitée à 50 exemplaires est abritée dans un boîtier en or gris de 41 mm. Sur la base d'un mouvement simple, alors que cette montre est déclinée en de nombreuses variantes à chronographe ou même à tourbillon, il comporte un cadran en émail champlevé représentant une mappemonde centrée sur l'Atlantique Nord. Y figure le périple reliant l'Angleterre à la Jamaïque qui vit finalement le chronomètre H4, l'œuvre de John Harrison, désigné lauréat du concours organisé par le parlement britannique. Sur la bague des heures, les villes étapes du voyage, Portsmouth et Port Royal, font leur apparition, dans une typographie bleue. Elle s'accorde avec la couleur de l'océan et de la rose des vents qui occupent la partie centrale du cadran.


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