Revue FH - 10 février 2011
Nouvelle mission accomplie pour la CP, qui est en charge des questions relatives à la formation professionnelle dans l'horlogerie et qui mène, en collaboration avec les cantons et la Confédération, les projets relatifs à la révision des métiers, l'un des grands axes définis par la loi sur la formation professionnelle (LFPr).
Dans l'horlogerie, un foisonnement de métiers sont concernés par la LFPr, dont ceux liés à la finition des pièces. Les polisseurs/euses et les termineurs/ euses en habillage horloger en font partie, leur mission étant de révéler la matière de l'objet horloger (ou de bijouterie) en lui donnant son éclat final. Une étape essentielle dans la chaîne de production.
Après deux ans de travaux réunissant des experts de la branche sous l'égide de la CP, la révision des métiers du polissage a été officiellement reconnue par l'organe compétent, l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT), avec effet au 1er janvier 2011.

Les formations de polisseur et de termineur en habillage horloger se déroulent en apprentissage dual école-entreprise. Deux formations semblables, si ce n'est que les compétences en micromécanique sont plus poussées chez les termineurs, d'où un cursus articulé sur trois ans et sanctionné par un CFC. Sur ce point, rien de nouveau. En revanche, le métier de polisseur mène désormais à une AFP, une attestation de formation professionnelle, offrant aux jeunes la possibilité de s'insérer dans le monde du travail en disposant d'une formation reconnue de deux ans, basée sur la pratique (selon les nouvelles dispositions de la LFPr). Du coup, le métier de «Polisseur CFC» disparaît.
Cette nouveauté vise à mettre en exergue deux aspects: repositionner le métier du polisseur en tant qu'activité basée sur l'exécution d'une tâche (formation pratique, moins exigeante) et faire de l'activité du termineur un perfectionnement dans le domaine, les connaissances supplémentaires acquises lui ouvrant des portes vers des postes à responsabilités, notamment dans les domaines de la logistique et de la productique. A signaler, cela dit, que le détenteur d'une AFP de polisseur pourra compléter sa formation et intégrer les classes menant au CFC de termineur en habillage horloger.

Après l'usinage des pièces métalliques, les pièces produites (carrures, fonds, lunettes, bijoux divers) laissent généralement des traces d'aspérités, de bavures et d'autres petits défauts de forme. Les polisseurs leur font subir diverses techniques de préparation et finition de surfaces (dont des tours de main particulièrement minutieux tels que le perlage consistant à «perler les pièces à l'aide d'une petite brosse qui, en tournant, grave un ensemble de cercles superposés). Ces traitements esthétiques donnent un aspect «fini» aux objets qui seront ensuite assemblés. Le soin accordé à la finition, gage de plus-value, revêt une grande importance pour les entreprises horlogères, toujours plus actives dans le domaine du luxe. Les termineurs, qui maîtrisent également ces techniques, effectuent des opérations supplémentaires sur machines CNC et élaborent leurs propres outils grâce à leurs connaissances en micromécanique.

Bientôt une formation d'adulte
L'autre nouveauté de la révision est la mise sur pied d'une formation en polissage, de type modulaire, destinée aux adultes en quête de perfectionnement ou en réinsertion professionnelle. Le centre Ifage, à Genève, a d'ores et déjà intégré cette formation dans ses offres de cours; dans l'Arc jurassien, un autre centre de formation devrait également la proposer dans le courant de l'année. Cette formation pour adultes aura l'avantage de combler une lacune: en effet, beaucoup de collaborateurs de l'horlogerie, dans le domaine du polissage, sont formés selon les besoins de leur entreprise et ne sont donc pas au bénéfice d'un titre reconnu, malgré leur expérience. Un système qui n'est pas sans rappeler celui de la formation modulaire en horlogerie pour adultes, dont le succès ne se dément pas, plus de 15 ans après sa création par la CP.
