Le marché Japonais fait aussi rêver

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Après les spécialistes de la maroquinerie et du prêt-à-porter de luxe, c'est au tour des marques de montres et de bijoux de se développer dans l'Archipel.
Après les spécialistes de la maroquinerie et duprêt-à-porter de luxe, c'est au tour des marques de montres et de bijoux de sedévelopper dans l'Archipel.

HERMÈS en 2001, Dior et Chanel en 2004,Gucci en 2006... Depuis quelques années, ce ne sont plus de simples boutiquesmais des immeubles entiers que s'offrent les marques de luxe à Ginza, l'un desquartiers les plus en vue de la capitale nippone et l'un des plus chers aumonde. Les grands noms de l'horlogerie et de la joaillerie commencent à lesimiter. Swatch Group inaugurera le 24 mai son « Nicolas G. Hayek Center », unetour de 14 étages, tandis que Bulgari ouvrira en décembre la « Bulgari GinzaTower », qui sera son plus grand magasin au monde. 952 m2, 56 mètres de haut... ilfaut dire que le Japon représente plus de 25 % du chiffre d'affaire de Bulgari.

Pour Swatch Group, le coût de l'investissement pouracheter, raser et rebâtir se monterait à 120 millions d'euros pour une surfaceau sol de 475 m²,soit 252 000 eur le mètre carré ! Presque une paille en comparaison des quelque165 millions d'euros qu'aurait, dit-on, investis Hermès pour sa « maison »,inaugurée il y a six ans. Ou des 180 millions que Chanel aurait déboursés pourériger son immeuble à la façade illuminée par 700 000 diodes.

Une conquête active

Ces investissements considérables sont à lamesure de l'enjeu : le marché nippon représente près du quart des ventesmondiales de l'industrie du luxe, sans compter les achats des Japonais endehors de leur pays. Même pour les marques de montres et de bijoux qui sontdéjà implantées dans l'Archipel, la conquête se poursuit activement. Ainsi, cemois-ci, Chaumet a inauguré une boutique de 90 m² à Nagoya. « Depuisl'ouverture, le 3 mars dernier, se réjouit Thierry Fritsch, PDG de Chaumet,quelque 2 000 personnes entrent chaque jour dans cette nouvelle boutique. »Cartier consolide aussi sa position dans ce pays qui, malgré la dévaluation duyen par rapport à l'euro, reste son premier marché en termes de ventes. Lamarque phare du groupe Richemont vient ainsi d'inaugurer un espace de 500 m² à Minami Aoyama. «Notre visibilité doit être maximale pour renforcer notre statut de numéro un enjoaillerie et le fait que nous soyons l'une des marques les plus importantesdans l'horlogerie de luxe » affirme Bernard Fornas, PDG de Cartier qui totalise35 magasins dans l'Archipel. Et prévoit d'ouvrir cinq boutiques dans lesprochaines années.

Les Suisses au Japon

Commeces géants mondiaux, les petites sociétés suisses reconnues pour leurproduction horlogère haut de gamme tentent également de se faire une place ici.Ainsi, François-Paul Journe, qui ne produit qu'un millier de montres par an, aouvert en 2003 à Tokyo, dans le quartier d'Omotesando, sa toute premièreboutique au monde. « Les Japonais sont très pointus en matière de hautehorlogerie. François-Paul Journe est très connu ici et le modèle »la Sonnerie souveraine»vient de remporter le Prix de la montre de l'année au Japon », explique-t-on ausiège de la marque.

Jaquet Droz, qui appartient au Swatch Group et dont laproduction se monte à 2 500 montres par an, s'est installé non loin de sonconfrère, il y a deux ans, mais à Roppongi Hills. « Nous avons senti uneréaction du marché immédiate, relève Manuel Emch, PDG de la marque, aujourd'huiprésente dans près de 25 points de vente dans l'archipel nippon. La boutiquerassure sur la valeur de la marque. C'est vrai pour le client final, maiségalement pour les détaillants. Nous avons pu voir que l'effet de levier étaitassez conséquent. » De Grisogono qui vient d'ouvrir une filiale à Tokyo (lireci-dessous) et Audemars Piguet, qui inaugurera prochainement son immeuble àGinza, devraient aussi pouvoir le vérifier.

Tokyo MICHEL JEANNOT

lefigaro.fr