Des temps difficiles aux USA

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Si les montres "Swiss Made" sont toujours la référence d'excellence aux Etats-Unis, elles ont connu une année 2009 difficile. L'horlogerie suisse a vu ses exportations chuter de près de 40%. Son représentant sur sol américain se montre prudent mais pas pessimiste pour 2010.

Romandie News - 24 mars 2010   ats/ds
      



"C'est une période clairement difficile pour les montres suisses aux Etats-Unis. L'année 2009 n'a pas été bonne du tout", admet Peter Laetsch, représentant en Amérique du Nord de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), dans un entretien accordé à l'ATS. Et c'est un peu l'inconnue pour la suite, selon lui.

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Si l'année 2009 a connu une nette régression des exportations de montres suisses au pays de l'oncle Sam, soit 37,9% par rapport à 2008, le mois de décembre a vu cette chute ralentie avec un recul de 15,7% comparé à décembre 2008. Et l'évolution semble se confirmer avec les chiffres des exportations en janvier et février, qui n'ont reculé que de 11,5%, même si janvier aura été mauvais (-34,4%).

Cela dit, le marché américain se situe toujours en deuxième position des exportations derrière Hong Kong. Au cours des deux premiers mois de 2010, l'ancienne colonie britannique a importé pour 456,1 millions de francs (+21,4% en rythme annuel), soulignant que l'heure de la reprise avait sonné, alors que les Etats-Unis affichaient 208,8 millions.

Le directeur de Swiss Time Promotions, dans le New Jersey, table tout de même sur une légère amélioration en 2010, mais se montre très prudent. "Cela dépend de tellement de facteurs, et pas seulement économiques, comme par exemple l'humeur des consommateurs."

"Les soucis et les priorités des Américains sont leur travail, leur maison, leur hypothèque et non pas l'achat de montres", schématise Peter Laetsch. Le luxe n'est plus une priorité en temps de crise, rappelle-t-il.

De là à comparer l'actuelle crise de l'horlogerie suisse à celle des années 70 avec l'arrivée sur le marché des montres japonaises à quartz? Non, répond catégoriquement Peter Laetsch. "Il ne s'agit pas d'une crise industrielle de notre horlogerie, mais d'une crise économique et financière mondiale, qui plus est a démarré aux Etats-Unis".

Prudence donc plutôt que pessimisme pour 2010 avec même un brin d'optimisme sur le long terme. "Il y a des indices positifs de croissance ici aux Etats-Unis. Nous accrochons notre ceinture et attendons la reprise", explique-t-il.

Peter Laetsch n'est pas inquiet non plus de la concurrence des montres asiatiques, notamment chinoises et japonaises. "La concurrence ne va pas être plus féroce. L'industrie horlogère suisse garde une excellente image aux Etats-Unis. Il n'y pas de doute là-dessus, nous restons la référence s'agissant de la qualité", estime le directeur de Swiss Time Promotions.

Sans rentrer dans le détail des chiffres, les marques Swatch, Rolex, Patek Philippe, Omega, Breitling et Tissot sont celles qui se distinguent le mieux sur le marché américain, selon lui.

Une seule interrogation, plus empirique et globale, concerne la génération de consommateurs du futur. "Je me demande parfois si les jeunes continueront d'avoir besoin de montres à l'avenir. Il y a des indications de l'heure partout autour d'eux, sur leur téléphone portable, sur leur ordinateur, sur leur baladeur".

Peter Laetsch espère que les jeunes de demain n'oublieront pas l'aspect émotionnel d'une montre.

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