Le 14 mars dernier, le Musée international d'horlogerie (MIH) de La Chaux-de- Fonds a inauguré une nouvelle section de son exposition permanente, l'Espace Style, dédié aux styles des horloges et des montres du 16ème siècle à nous jours. Exposées de façon originale, les différentes pièces évoquent les modes et les tendances aux cours des siècles, allant des premières horloges de la renaissance aux montres au design actuel.
Imaginé depuis plusieurs années, ce nouvel espace illustre parfaitement la place occupée par les garde-temps et les horloges au cours des différentes époques. Contrairement à la majeure partie du Musée, consacrée davantage à la technique, la nouvelle exposition est avant tout vouée à l'esthétique. Sont à découvrir les vitrines principales, représentatives des différentes époques, puis, cinq autres devantures agrémentées de mannequins habillés par la styliste chaux-de-fonnière Adeline Rappaz, afin de mieux illustrer la mode vestimentaire de la période représentée. Les vitrines sont ornementées de montres et d'horloges, mais aussi de tableaux emblématiques de l'histoire de l'horlogerie tels que le Gentilhomme à la montre (anonyme), l'Atelier d'horlogerie de Jean-Baptiste Quidez ou encore L'horloger et sa famille de Fritz Zuber-Bühler.

Première partie, les pièces du 16ème et du 17ème siècle, époque où les garde-temps, à l'origine destinés aux clochers des églises puis aux beffrois, «entrent» dans les maisons, grâce aux progrès techniques qui ont favorisé la diminution de leurs volumes. Premièrement destinées aux membres du haut clergé et aux notables, ces pièces ressemblent à celles et ceux à qui elles appartiennent. Véritables objets d'art, elles se caractérisent par une grande diversité de formes et de matériaux. D'abord murales afin de laisser les poids entraîner leurs mouvements, elles deviennent horloges de table grâce au ressort à moteur. En rappel aux clochers, ces premiers modèles évoquent souvent les tours, puis, place à l'évolution des formes et à la diminution des tailles, entraînant ainsi la naissance de la première montre.
L'exposition se poursuit avec des collections du 18ème siècle. De table ou murales, les horloges deviennent un élément essentiel de décoration et témoignent des goûts et des styles du temps. Les montres, d'abord dites «oignons» en raison de leur forme, ont des volumes relativement importants et comportent souvent plusieurs boîtiers destinés à les protéger comme à les enrichir.

Les garde-temps de la seconde moitié du 18ème siècle et du 19ème siècle sont marqués par la recherche de la précision. De nombreux perfectionnements interviennent dans les mouvements grâce à de grands horlogers. L'habillage des horloges suit les goûts et les influences de l'époque et les montres, qui ont perdu de leur épaisseur, arborent des décors riches et variés dont l'or, les émaux et les pierres précieuses restent présents. Représentées sous différentes formes, certaines deviennent même bracelets. Enfin, place à l'espace dédié aux montres d'artistes. Si ces derniers sont toujours intervenus aux cours des siècles dans l'inspiration de la création des montres, c'est au 20ème siècle que l'horlogerie leur a particulièrement ouvert les portes. Ainsi, designers, architectes et autres artistes ont pu exprimer leur perception du temps en créant des modèles originaux, produits à plusieurs millions ou à quelques exemplaires.

Véritable voyage au travers du temps, des modes et des styles, le nouvel espace du Musée international d'horlogerie retrace à merveille le parcours des garde-temps du 16ème siècle à nos jours. Si l'exposition se veut permanente, elle se décrit toutefois comme une manifestation qui vit. Ainsi, au fil du temps, certaines pièces pourront être ajoutées ou retirées.