Cartier est une marque de son temps, depuis longtemps. L'exposition qui balaie 130 ans de création de la maison Parisienne rappelle qu'à chaque époque, elle a su séduire et satisfaire les grands de ce monde. Procédant d'une double culture, d'excellence et de goût, elle n'a eu de cesse d'aller et venir entre monde réel et imaginaire. Objets et animaux, couleurs et formes, Cartier est prolifique. En attestent les 639 pièces réunies dans le salon d'honneur du Grand Palais, à Paris, transformé pour l'occasion en écrin géant.
Tandis que les jeux d'éclairage projettent des colliers sur les plafonds, on pénètre dans cet espace comme dans une salle du trésor. Une grande colonne à huit pans portant autant de diadèmes fait office d'entrée en matière. Les pièces joaillères sont d'une profusion et d'une luxuriance que l'on a peine à imaginer. Le collier d'un Maharadjah de Patiala laisse pantois tant ses pierres de centre sont nombreuses et importantes. Et que dire de ce saphir bleu gros comme une pomme ayant appartenu à la reine de Roumanie. On découvre l'origine de la Panthère, des crocodiles, de l'influence chinoise et indienne à travers les vitrines et les nombreux documents d'archive.

Parmi ces joyaux, une belle place est réservée aux objets. Cartier a toujours édité des étuis à cigarette, des nécessaires de bureau précieux, des peignes, même des robes. Et à la croisée des chemins entre utile et agréable, des garde-temps. Le faible nombre d'exemplaires précoces de Tank, de Tortue, ou de Santos rappelle que Cartier n'est devenu un fabricant de montres en grande série que dans les années 80, période que ne couvre pas l'exposition. Mais si elle réserve peu de place à la montre de poignet, elle met à l'honneur les pendules. Objets aujourd'hui confidentiels, réservés à une clientèle discrète et amatrice de réalisations d'exception, ils ont longtemps été des compagnons indispensables des bureaux et des cheminées des puissants d'antan.
Pendulettes thermomètres, pendules en forme de mausolée Égyptien, pendules mystères de style chinois ou Art Déco, elles combinent horlogerie et sculpture, travail des pierres dures et précieuses. Ces pièces rappellent que Cartier est avant tout un synthétiseur d'excellence, croisant les techniques et les influences pour toujours incarner le moderne. La longue évolution de son style à travers l'Histoire est le titre et le thème de cette exposition. Ce fil rouge structure cette exposition éclectique et franchement fascinante.

Cartier
Le Style et l'Histoire
du 4 décembre 2013 au 16 février 2014
Grand Palais – Salon d'honneur
Paris