Martine Rognon /BCV
L'exercice 2009 a été le pire pour l'industrie horlogère depuis les années 1970, avec une chute estimée des ventes de 25%. Une amélioration s'est cependant dessinée au dernier trimestre et les dépenses de Noël étaient en forte hausse. Dans le prolongement, le Salon international de la haute horlogerie, qui s'est tenu en janvier à Genève, a été un franc succès malgré une reprise conjoncturelle molle et incertaine: le nombre de visiteurs s'est accru de 10% sur 2008. Les détaillants ont recommencé à passer des commandes, alors qu'ils avaient fait preuve d'une grande retenue lors de leurs achats l'année précédente. Le bilan s'avère donc positif: l'exercice 2010 s'annonce nettement plus favorable, avec une reprise au rendez-vous.

La plupart des patrons des 19 marques exposées se sont déclarés plus confiants, certains parlant même de nouvelles embauches. Même s'ils restent assez prudents, ils n'attendent pas un fort rebond, tablant sur un redémarrage modeste. Si la demande a marqué des velléités de hausse aux Etats-Unis, l'avenir de l'horlogerie se joue principalement en Asie, Chine largement en tête, où les commandes explosent, certains parlant d'euphorie.
Tous les horlogers ne sont pas logés à la même enseigne. Certains ont vu leurs activités chuter plus que la moyenne; ils risquent de continuer à souffrir. C'est surtout le cas des fabricants jeunes et (ou) qui n'ont pas leur propre réseau de distribution. On pourrait alors assister aux prémices d'un mouvement de consolidation du secteur.
Les premières indications sur les résultats 2009 des groupes du luxe cotés démontrent la résistance des marques reposant sur une organisation forte. Nos deux fleurons – Swatch Group (Breguet, Blancpain, Omega…) et Richemont (Cartier, Piaget, Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre…) – l'ont prouvé: ils ont bien résisté à la crise, notamment grâce à d'excellentes ventes en fin d'année; ils ont publié des chiffres nettement meilleurs que prévu et ont surtout réussi à assainir leurs stocks, condition primordiale pour un redémarrage de leurs activités.
