L'Agefi - 18 mars 2010
Bastien Buss
La question qui taraude tous les esprits. Celle qui va cristalliser toute l'attention durant les dix jours de Baselworld. De quelle ampleur sera le rebond horloger cette année après le plongeon de 22,3% de 2009?

Cette interrogation n'est pas nouvelle, divers acteurs ayant déjà fait part de leurs prévisions. Des plus optimistes (Swatch Group) à ceux qui déclarent en catimini que la reprise pour l'heure ne les concerne toujours pas. Incertitudes, doutes, manque de visibilité, telle est encore le quotidien de nombreuses marques horlogères. Surtout pour les plus petites structures.
Hier, lors de la conférence de presse à la veille de l'ouverture officielle du plus grand salon mondial de la branche, personne ne s'est hasardé au difficile jeu des pronostics. Peut-être parce qu'un bon indice sera dévoilé aujourd'hui, avec la publication de statistiques horlogères pour le mois de février. Pour Jacques Duchêne, président du Comité des exposants, plus que les résultats économiques, c'est le front de l'emploi qui est préoccupant. «C'est le savoir-faire disparaissant ici ou là, qui doit nous alerter».
Cela est indéniable. Mais un autre bilan post-crise s'avère tout aussi troublant. L'horlogerie suisse a cédé des parts face aux autres nations horlogères. Les raisons de ce crime de lèse-majesté (impardonnable?) n'ont pas été explicitées. Les chiffres ont alors parlé d'eux-mêmes. Si la Suisse a concédé un recul de près d'un quart de ses exportations horlogères, la France, l'Allemagne, la Chine et Hong Kong, certes des producteurs de plus faible ampleur en valeur, ont moins pâti des turbulences conjoncturelles. Par exemple, le premier n'a accusé qu'un recul de 12% à 645 millions d'euros. Les horlogers allemands ont même fait nettement mieux, avec un déclin de seulement 7,6% (924 millions d'euros). En ce qui concerne l'ancienne colonie britannique, elle a connu des niveaux plus proches à la Suisse (13,2 milliards de francs), avec -18,2%. La Chine affiche -12%. Les données 2009 publiées hier par la Fédération horlogère diffèrent quelque peu, mais elles démontrent elles aussi la perte de parts de marché de la Suisse. Une tendance qui pourrait toutefois vite s'inverser.
Alors que l'entrée de gamme a mieux résisté l'an passé, la reprise devrait cette fois-ci davantage profiter aux segments supérieurs. Exactement le créneau des horlogers suisses.
