25
WorldTempus · 25 ans

25 ans, 25 cadeaux

Trois minutes, 25 chances de gagner : une montre DOXA, des séjours d'exception et bien plus.

Je participe

Dans la bataille de la libre circulation

3 minutes read
A quatre semaines et demie du vote sur la libre circulation des personnes, les milieux économiques montent au front, unis pour le oui. Tour d'horizon des enjeux pour les entreprises.
Economie_324939_0
Keystone / Conférence de presse dans les salons de l'Hôtel Bellevue à Berne

Romain Clivaz - 08.01.2009

A Berne, c'est la mobilisation générale pour remporter «la mère de toutes les batailles». A savoir la votation populaire du 8 février prochain concernant la reconduction de l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'Union européenne (UE) et son extension à la Roumanie et à la Bulgarie. Hier, c'était au tour des organisations économiques de déployer l'artillerie lourde et des caisses bien pleines. Plusieurs millions de francs (mais moins de dix) seront engagés dans la campagne. «Le 8 février, nous poserons des jalons décisifs pour l'avenir de notre pays.» Dans les salons de l'Hôtel Bellevue, le président d'economiesuisse Gerold Bührer s'est voulu solennel au moment de défendre le «oui» du 8 février. Flanqué des représentants de l'Union patronale suisse, de l'Union suisse des arts et métiers et de l'Union suisse des paysans, il a accusé les opposants d'être «pétris d'idéologie». A en croire l'enquête menée auprès des membres des organisations économiques, les voies discordantes se font rares. Elles se résument, peu ou prou, à celle de Christoph Blocher, par ailleurs vertement critiqué par Gerold Bührer, hier.Davantage qu'un refus de la libre circulation en tant que telle, de nombreux secteurs économiques semblent craindre l'application de la fameuse clause guillotine en cas de non le mois prochain. Car les sept premiers accords bilatéraux (libre circulation des personnes, marchés publics, transports terrestre et aérien, recherche, agriculture et obstacles techniques au commerce) sont juridiquement liés. Si l'un d'entre eux devait être dénoncé, les autres tomberaient. A noter toutefois que les avis divergent sur l'automatisme de l'application de la clause guillotine, en cas de non le 8 février.

La croissance a durablement augmenté de 1%


Définition: la libre circulation des personnes permet aux ressortissants suisses et de l'UE de choisir leur lieu de travail et de domicile.


Entrée en vigueur:
en juin 2002, par étapes. Avec les quinze premiers membres de l'Union européenne, plus Chypre et Malte, les contingents de travailleurs ont été levés en 2007. Pour les huit Etats d'Europe de l'Est, membres depuis 2004, des restrictions à la libre circulation seront appliquées jusqu'en 2011. Concernant la Roumanie et la Bulgarie, un régime transitoire de sept ans est prévu.

Bilan. Selon la conseillère fédérale Doris Leuthard, la main-d'œuvre issue de l'UE a permis d'augmenter durablement la croissance de 1%. La population établie en Suisse provenant de l'UE et de l'AELE comptait plus de 1 million de personnes en août 2008 (+7,9% en un an). RCZ


«Ouverture rime avec prospérité»

Pour Georges-Henri Meylan, l'ex-patron d'Audemars-Piguet (en poste jusqu'en décembre 2008), la libre circulation des personnes a grandement facilité «l'embauche». A la vallée de Joux, cinquante entreprises horlogères emploient 6300 personnes, dont 3300 frontaliers. Ce paradis de l'horlogerie et de la microtechnique a vu sa production doubler de valeur en cinq ans
(1,1 milliard en 2007). Les accords bilatéraux ne sont pas à l'origine de cette progression mais l'ont accompagnée. A Bienne, la Fédération horlogère suisse souligne qu'ouverture rime avec prospérité. Surtout pour une industrie qui exporte 95% de sa production, dont la moitié dans l'UE. Quant à l'emploi, «il ne s'est pas fait au détriment des Suisses. Les effectifs de la branche ont grimpé, mais la proportion des étrangers est restée stable, environ 20%. On s'est évité les «encoubles» administratives», note François Matile, directeur de la Convention patronale de l'horlogerie à La Chaux-de-Fonds. «Pour la Suisse, pour Nestlé, pour toutes les entreprises qui exportent, nous sommes évidemment pour les accords bilatéraux!»

Philippe Oertlé, porte-parole de Nestlé Suisse, rappelle que la filiale suisse du géant exporte les deux tiers de sa production. Pas question donc de «se fermer un marché de 450 millions de consommateurs». Tout comme Bernard Ruegger, patron de Ruegger SA à Crissier (100 employés en Suisse autant à l'étranger) dont les capteurs de température s'exportent à 90%: «En fait, on devrait aller encore plus loin et entrer dans l'Europe, pour être vraiment traité à égalité.»
(xa)

Economie_324939_1

7 janvier 2009