
Keystone / Conférence de presse dans les salons de l'Hôtel Bellevue à Berne
Romain Clivaz - 08.01.2009
La croissance a durablement augmenté de 1%
Définition: la libre circulation des personnes permet aux ressortissants suisses et de l'UE de choisir leur lieu de travail et de domicile.
Entrée en vigueur: en juin 2002, par étapes. Avec les quinze premiers membres de l'Union européenne, plus Chypre et Malte, les contingents de travailleurs ont été levés en 2007. Pour les huit Etats d'Europe de l'Est, membres depuis 2004, des restrictions à la libre circulation seront appliquées jusqu'en 2011. Concernant la Roumanie et la Bulgarie, un régime transitoire de sept ans est prévu.
Bilan. Selon la conseillère fédérale Doris Leuthard, la main-d'œuvre issue de l'UE a permis d'augmenter durablement la croissance de 1%. La population établie en Suisse provenant de l'UE et de l'AELE comptait plus de 1 million de personnes en août 2008 (+7,9% en un an). RCZ
«Ouverture rime avec prospérité»
Pour Georges-Henri Meylan, l'ex-patron d'Audemars-Piguet (en poste jusqu'en décembre 2008), la libre circulation des personnes a grandement facilité «l'embauche». A la vallée de Joux, cinquante entreprises horlogères emploient 6300 personnes, dont 3300 frontaliers. Ce paradis de l'horlogerie et de la microtechnique a vu sa production doubler de valeur en cinq ans
(1,1 milliard en 2007). Les accords bilatéraux ne sont pas à l'origine de cette progression mais l'ont accompagnée. A Bienne, la Fédération horlogère suisse souligne qu'ouverture rime avec prospérité. Surtout pour une industrie qui exporte 95% de sa production, dont la moitié dans l'UE. Quant à l'emploi, «il ne s'est pas fait au détriment des Suisses. Les effectifs de la branche ont grimpé, mais la proportion des étrangers est restée stable, environ 20%. On s'est évité les «encoubles» administratives», note François Matile, directeur de la Convention patronale de l'horlogerie à La Chaux-de-Fonds. «Pour la Suisse, pour Nestlé, pour toutes les entreprises qui exportent, nous sommes évidemment pour les accords bilatéraux!»
Philippe Oertlé, porte-parole de Nestlé Suisse, rappelle que la filiale suisse du géant exporte les deux tiers de sa production. Pas question donc de «se fermer un marché de 450 millions de consommateurs». Tout comme Bernard Ruegger, patron de Ruegger SA à Crissier (100 employés en Suisse autant à l'étranger) dont les capteurs de température s'exportent à 90%: «En fait, on devrait aller encore plus loin et entrer dans l'Europe, pour être vraiment traité à égalité.»
(xa)

7 janvier 2009