Rodolphe Cattin tente déjà de rebondir.

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Le designer démissionnaire va ouvrir un nouveau bureau à Neuchâtel.

L'Agefi - 10 février 2010

L'Express/ L'Impartial

 

Son téléphone portable ne cesse de sonner. Pour quelqu'un qui, comme il le dit, «ne touche plus de salaire depuis quatre mois», les journées sont visiblement bien remplies. Rodolphe Cattin ne s'en cache toutefois pas, il vit encore très douloureusement son départ (volontaire) des deux sociétés qu'il avait fondées. «Je dois faire le deuil de ce que j'avais mis vingt ans à construire. J'éprouve le sentiment d'un immense gâchis. Ça me fait vraiment mal au coeur de passer devant mes anciens locaux...» Dans le même temps, il estime avoir fait les bons choix à l'époque. D'abord celui de s'associer au groupe Franck Muller. Ensuite celui de claquer la porte de ce même groupe. C'était en octobre de l'année dernière.

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Le visage de Rodolphe Cattin s'illumine en revanche lorsqu'il évoque l'avenir: «Ce n'est pas facile de tout recommencer, mais je fourmille d'idées! Car tout n'a pas encore été fait, loin de là. Je dirais même que tout est à faire, dans la nouveauté comme dans la mise au goût du jour de choses anciennes. Et puis, ça fait maintenant trois mois que je n'ai rien créé. C'est très frustrant!» La notoriété internationale du designer l'a bien aidé à se relancer. Aussitôt son départ connu, il a été contacté par bon nombre de marques. «Il y avait un peu de tout, j'ai dû trier.» Résultat? «D'ici un à deux mois, je vais ouvrir un bureau de design à Neuchâtel. Il aura pour nom Rodolphedesign SA. Je repars donc à zéro.» Avec Rodolphe Cattin, ce bureau comptera quatre personnes, dont une avec laquelle il travaille depuis longtemps.

Au programme, quatre secteurs d'activité: l'horlogerie-bijouterie, la lunetterie, la maroquinerie et les objets d'écriture. Un contrat a d'ores et déjà été signé avec quatre clients. Ils sont basés à Genève (pour deux), Barcelone et Los Angeles. «Dans les quatre cas, le marché concerné est mondial. Il s'agit de haut et moyen de gamme, ainsi que de fashion.»

Mais le patron de Rodolphedesign n'est pas parti pour faire le même chemin que ces vingt dernières années: «Je n'ai plus l'âge, ni la motivation, pour suivre plein de mandats en même temps. Je souhaite travailler de manière plus ciblée, plus spécifique. Je ne souhaite pas non plus remonter un bureau de trente personnes. Ça sera dix au maximum, avec des jeunes. Et surtout, dans une ambiance au sein de laquelle les rapports humains seront importants.» Façon de dire qu'ils ne l'étaient pas assez, à ses yeux, dans son ancien groupe.

Le principal atout de Rodolphe Cattin? «Dans ce métier, il faut avoir deux coups d'avance. Sur ce plan, je crois que je me débrouille pas trop mal.» 

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