TAG Heuer Monaco Speed 12 : conçue pour le Grand Prix

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On considère souvent que trois courses automobiles méritent d’être vécues au moins une fois dans une vie : les 24 Heures du Mans pour l’intensité de leur spectacle de jour comme de nuit, les 500 Miles d’Indianapolis pour leur dimension théâtrale unique, et le Grand Prix de Monaco, considéré comme l’événement le plus prestigieux et glamour du sport automobile mondial.

Créé en avril 1929, le Grand Prix de Monaco fut remporté dès sa première édition par l’espion franco-britannique William Grover Williams au volant d’une Bugatti arborant la célèbre livrée « racing green ». Voir et entendre certaines des voitures les plus rapides du monde évoluer dans les rues étroites de la principauté sous les commandes des meilleurs pilotes de leur époque fascinait alors les spectateurs comme aucun autre spectacle.

Les premières décennies de la course furent marquées par de nombreux moments mémorables. Parmi eux figure l’incident spectaculaire de 1955, lorsque Alberto Ascari, alors en tête de l’épreuve, manqua une chicane et propulsa sa Lancia D50 dans les eaux du port.

Au fil des années, les monoplaces sont devenues toujours plus performantes. Si Monaco a longtemps été l’un des rendez-vous les plus spectaculaires du championnat, certains observateurs considèrent aujourd’hui la course comme moins passionnante.

Selon eux, les Formule 1 modernes sont devenues trop longues, trop larges et trop rapides pour les caractéristiques du circuit monégasque, limitant ainsi les possibilités de dépassements spectaculaires susceptibles de bouleverser le classement.

Le Grand Prix de Monaco, joyau de la Formule 1

Malgré ces critiques, le Grand Prix de Monaco demeure l’épreuve la plus emblématique du calendrier. Cette position privilégiée s’explique notamment par le statut particulier dont bénéficie la principauté au sein de la Formule 1.

Monaco s’acquitte d’un droit d’organisation inférieur à celui des autres circuits auprès de Liberty Media, propriétaire de la discipline. Cette somme serait d’environ 15 millions de dollars, soit près de deux fois moins que ce qui est généralement demandé ailleurs. La principauté conserve également le contrôle de la diffusion télévisée de l’événement ainsi que celui des contrats de publicité et de sponsoring présents sur le circuit.

Cette dernière spécificité a permis à TAG Heuer de devenir partenaire horloger officiel du Grand Prix de Monaco dès 2011, avant d’en devenir sponsor et chronométreur officiel en 2020, alors même que Rolex occupait encore le rôle de partenaire horloger mondial de la Formule 1.

Monaco Speed 12 © TAG Heuer

La situation a évolué l’an dernier avec l’arrivée de LVMH comme partenaire mondial de la discipline. Le groupe, propriétaire de TAG Heuer, a ainsi renforcé encore davantage les liens de la marque avec l’épreuve, désormais officiellement désignée sous le nom de Formula 1 Louis Vuitton Grand Prix de Monaco.

Aucune autre maison horlogère ne peut revendiquer une relation aussi étroite avec la course monégasque. Cela s’explique à la fois par son histoire profondément liée au sport automobile, par son partenariat avec Oracle Red Bull Racing, mais aussi par le fait qu’elle est la seule marque à proposer une montre portant le nom Monaco.

Présentée en 1969 comme la première montre-bracelet étanche à boîtier carré au monde, la Monaco apparaît la même année que Jack Heuer propulse sa marque au sommet du sport automobile grâce au recrutement du pilote suisse de Formule 1 Jo Siffert.

Monaco Speed 12 © TAG Heuer

Si le choix du nom Monaco permettait naturellement d’associer le chronographe à la célèbre course, il visait également à évoquer le raffinement et le prestige de la principauté afin de séduire une clientèle issue d’univers tels que le design ou l’architecture. L’objectif était d’élargir l’image de Heuer, nom de la marque jusqu’en 1985, au-delà du seul monde automobile.

Paradoxalement, la Monaco doit sa célébrité dans l’univers du sport automobile non pas à la course dont elle porte le nom, mais à son apparition au poignet de Steve McQueen dans le film Le Mans sorti en 1971.

À l’époque pourtant, peu de personnes remarquèrent réellement la montre portée par l’acteur et la production de la Monaco originelle s’arrêta moins de cinq ans après la sortie du film.

Lorsque LVMH fit l’acquisition de TAG Heuer en 1999, l’une de ses premières initiatives fut de relancer ce chronographe carré emblématique et de remettre en lumière son lien oublié avec Steve McQueen.

Cette stratégie porta ses fruits : la Monaco effectua un retour remarqué et servit ensuite de laboratoire à certaines des créations les plus audacieuses de TAG Heuer. Parmi elles figurent la Monaco 69 lancée en 2003, dotée d’un boîtier pivotant associant affichages mécanique et analogique, ainsi que la Monaco V4 de 2004, dont le mouvement fonctionnait grâce à de minuscules courroies de transmission en caoutchouc.

Une interprétation révolutionnaire inspirée des pistons de moteur

Au cours des vingt dernières années, la collection Monaco a donné naissance à de nombreuses variations. Celle qui sera dévoilée à l’occasion du Grand Prix de ce week-end est probablement celle qui illustre le mieux le lien historique entre TAG Heuer et l’automobile.

Si la Monaco Speed 12 est une création inédite, son principe d’affichage paraîtra familier aux connaisseurs des modèles Spin Time de Louis Vuitton lancés en 2009.

Au lieu d’utiliser un affichage traditionnel composé d’aiguilles et d’index, le système Spin Time associe une aiguille centrale des minutes à douze cubes rotatifs qui pivotent successivement de 90 degrés à chaque changement d’heure.

Monaco Speed 12 © TAG Heuer

Pour cette nouvelle création, TAG Heuer a adapté le mouvement Spin Time imaginé par Michel Navas et Enrico Barbasini, fondateurs de la manufacture La Fabrique du Temps Louis Vuitton, et l’a rebaptisé Calibre TH84-00.

Dans cette interprétation, les cubes sont remplacés par douze pistons miniatures aux finitions brossées et microbillées, chacun portant un chiffre arabe noir laqué.

À chaque rotation complète de l’aiguille des minutes, le piston affichant l’heure en cours revient dans sa position initiale tandis que le suivant pivote pour révéler la nouvelle heure.

Le mouvement est suspendu dans le boîtier grâce à quatre arches ajourées traitées DLC positionnées dans les angles du boîtier en titane de 40 mm. Celui-ci est équipé d’un verre saphir bombé, d’une lunette carrée en saphir et d’un fond transparent en saphir permettant d’admirer pleinement le fonctionnement de ce mécanisme original.

L’inspiration automobile se retrouve également dans l’aiguille des minutes, dessinée à la manière d’une aiguille de tableau de bord, ainsi que dans le pont qui la soutient, dont les rainures rappellent celles d’un cache-culbuteurs.

La montre est complétée par un bracelet en caoutchouc noir orné d’un motif textile embossé et de surpiqûres rouges, un détail qui ne manquera pas de séduire les passionnés d’automobile.

Seuls 50 exemplaires de cette Monaco Speed 12 seront produits. Une exclusivité qui a cependant un prix : 70 000 CHF, 77 000 euros ou 87 000 livres sterling. Une somme qui pourrait bien nécessiter le salaire d’un pilote de Formule 1 pour être envisagée sereinement.

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