L'Amérique latine pour cible

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Petit paradis pour la commercialisation des fausses montres suisses, l'Amérique du Sud sera bientôt le théâtre de nouvelles actions anticontrefaçon menées par la FH. Bref compte rendu d'une mission préparatoire au Brésil et au Paraguay.
Revue FH - 2 septembre 2010

Yves Bugmann

Éditorial




Du point de vue horloger, la première impression est plutôt bonne: tant les Brésiliens que les Paraguayens sont friands de montres suisses. Comme partout ailleurs dans le monde, l'horlogerie helvétique bénéficie en effet d'une excellente réputation en Amérique latine, où même les marques de niche, normalement peu connues du grand public, jouissent d'une notoriété étonnante.

Un penchant certain pour les belles montres de marque ne va malheureusement pas toujours de pair avec le développement économique, que ce soit au Paraguay ou au Brésil, même si ce dernier pays semble être sur le bon chemin pour devenir à moyen terme une véritable puissance économique mondiale. Pour l'instant, seule une petite minorité de la population profite de ce vent porteur. Et, on le sait, la pauvreté, même relative, combinée à un faible pour les produits de luxe, ouvre inévitablement la porte à un fléau malheureusement bien connu des horlogers suisses: la contrefaçon.

Largement présente au Brésil et au Paraguay, la contrefaçon ne semble guère déranger les autorités. Au Brésil, par exemple, il existe des centres commerciaux spécialisés dans la vente du faux. Les montres figurent parmi les produits phare de ces marchés, souvent en mains asiatiques. Vendues ouvertement, elles se comptent en milliers de pièces représentant toutes les marques suisses connues.

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Faux sacs de luxe ou DVD piratés ne font pas défaut non plus. Selon les informations obtenues par les investigateurs de la FH, ce sont en grande partie des revendeurs qui se fournissent sur ces marchés situés au coeur des grandes villes brésiliennes qui, ensuite, satisfont la demande dans les provinces. Au Paraguay en revanche, la chaîne d'approvisionnement n'a pas encore atteint le même degré de perfection: la vente se fait encore souvent directement du marchand de rue au consommateur. Un point commun toutefois à ces deux pays: la situation est très préoccupante.

C'est dans ce contexte difficile que la FH va mener prochainement de nouvelles opérations de lutte contre la contrefaçon en Amérique latine. De précédentes interventions ont en effet démontré qu'il ne faut pas baisser les bras, même si la situation paraît, à première vue, fort compromise. Une impression renforcée par le fait que les autorités ne s'intéressent guère à la lutte anticontrefaçon et que les policiers, pourtant bien présents devant les «centres du faux», préfèrent régler la circulation au lieu d'intervenir contre ce commerce illégal.

Lancer des actions ciblées est pourtant possible; il suffit qu'un acteur du secteur privé en prenne l'initiative. La FH par exemple, dont le rôle fédérateur permet par ailleurs de donner plus de poids aux actions et, parallèlement, de partager les coûts entre les marques concernées. La prochaine action anticontrefaçon de la FH se déroulera au Brésil avec un objectif très clair: saisir des milliers de contrefaçons de montres suisses et obtenir des mesures pénales contre les vendeurs.

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