Toutes voiles dehors

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La marque renoue enfin avec son patrimoine nautique en soutenant la première régate du Challenge Julius Bär et l'équipage Okalys.
7 mai 2009
Louis Nardin
Avec sa collection nautique Admiral's Cup qui aura cinquante ans l'année prochaine, Corum se devait d'exister à nouveau dans l'univers marin. C'est désormais chose faite puisque la marque parraine la première régate du Challenge Julius Bär, qui compte neuf épreuves au total, ainsi que l'équipage du catamaran de type D35 Okalys. Pour Antonio Calce, CEO de la marque, c'est un bienfaisant retour aux sources. D'un point de vue commercial, l'opération illustre un choix stratégique pertinent et opère comme une tribune de premier choix.Corum_325763_0

Il aura fallu 17 mois pour finaliser l'accord entre Corum et le Challenge Julius Bär. Portant sur un montant dépassant la centaine de milliers de francs suisses, il court sur les trois prochaines années et a été le fruit de multiples négociations, Antonio Calce laissant entendre que d'autres marques horlogères convoitaient aussi l'événement. Corum aura donc remporté une mise incluant une régate à son nom, l'ancien Grand Prix de Genève devenu Grand prix Corum, lui-même récompensé par un trophée spécial, elle-même doublée d'un soutien à l'équipage Okalys.Corum_325763_1Eaux aimantées

Les eaux du Léman aimantent donc de plus en plus de marques horlogères. Après Girard-Perregaux devenue partenaire du Bol d'Or l'année dernière, Parmigiani qui sponsorise l'équipage d'un catamaran type M2, ou encore Audemars Piguet dont le nom brille sur la coque du Ladycat - le seul équipage féminin dans la catégorie D35 -, Corum prend pied dans la place. Cet attrait grandissant pour les compétitions qui se jouent sur des plans d'eau fermés, en opposition aux courses en mer, repose sur trois piliers. Premièrement, les compétiteurs ont fait le choix de la monotypie en s'affrontant sur des bateaux identiques à la technologie très poussée et adaptés aux conditions météorologiques. Dans le cas du Léman, les catamarans M2 et D35, surtout, passent pour des formules 1 aquatiques. Ensuite, la perte de vitesse des courses en mer sur des bateaux beaucoup plus gros et chers a stimulé l'intérêt les stars de la voile mondiale pour ces compétitions en eau douce. Pour exemple, un monocoque taillé pour un tour du monde coûte jusqu'à 23 millions de francs suisses tandis qu'un D35 avoisine les 550'000 francs. Alain Gautier, Franck Cammas ou encore Stève Ravussin seront donc là, tout comme Loïck Peyron qui barrera Okalys. En conséquence, les sommes à investir pour les sponsors en font une porte d'entrée beaucoup plus abordable pour se faire un nom, ou rafraîchir son image, dans l'univers nautique.Corum_325763_2

Coup à fort valeur

Corum joue donc un coup à la hauteur de son potentiel mais d'une forte valeur symbolique. En effet, la marque à la clé, son emblème, est très liée au monde marin à travers sa collection iconique Admiral's Cup dont les modèles affichent systématiquement des flammes nautiques sur leurs cadrans. La résurrection de ce lien avec la voile était ainsi attendue de son public. Mais pour Antonio Calce, ce sera aussi l'occasion de soigner ses détaillants, en particulier européens. «Le marché européen est passé de 15% du chiffre d'affaires annuel à 27% aujourd'hui. Et dans le contexte de crise actuel nous devons être très à l'écoute et anticiper leurs besoins, par exemple en créant des produits à l'identité forte se vendant rapidement pour alimenter leur cash-flow. En les invitant à venir suivre notre grand prix, nous leur confirmons notre engagement. C'est d'autant plus important que dans le contexte actuel, les détaillants peuvent faire marche arrière à tout moment.»

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