Opération coup de poing

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La matière première, les montres contrefaisantes, ont été cédées par la douane

La douane française s'est vu remettre gracieusement par son auteur, « Sculpteur Maât », une sculpture d'art contemporain stigmatisant la contrefaçon.

 



La sculpture, réalisée à partir de montres de contrefaçon, saisies par les services douaniers du Havre, vise à interpréter, sous un angle artistique, le phénomène de société que constitue la contrefaçon, en stigmatisant la banalisation du rêve et du travail de qualité qu'elle représente.

L'œuvre se présente sous la forme de montres compressées et agglomérées sous forme de 4 blocs homogènes, fixés sur un axe vertical, le tout assemblé sur un socle renfermant des montres originales, protégées dans une niche obturée par une vitre, afin d'opérer un contraste avec l'abondance des débris des montres contrefaites.

La création de l'œuvre a été réalisée en collaboration et sous le contrôle des services douaniers, dans la mesure où la matière première, les montres contrefaisantes, ont été cédées par la douane, dans la perspective de leur destruction, pour être incorporées à l'œuvre.

La remise officielle s'est tenue dans les locaux du musée de la contrefaçon, à 11h30, en présence du Président de l'Union des fabricants (UNIFAB), secrétaire général de Louis Vuitton, du directeur général des douanes et des droits indirects, et des marques d'horlogerie concernées.

Communiqué / www.douane.gouv.fr

 

Quand la contrefaçon est recyclée en oeuvre d'art

 

L'artiste Maat à côté d'une sculpture contemporaine qu'elle a réalisée, au Musée de la contrefaçon le 27 février 2007 à Paris

Prenez 4.717 fausses montres de grandes marques; broyez-les à la presse hydraulique; enfermez-les dans quatre blocs de résine synthétique; posez les blocs sur un socle renfermant une niche avec deux vraies montres de grande marque : voici "L'Art dans le collimateur des faussaires".

 

Cette oeuvre d'art du sculpteur Maât a été présentée mardi au Musée de la contrefaçon, 16 rue de la Faisanderie à Paris (XVIe), siège de l'Union des Fabricants (Unifab). Elle symbolise l'opposition entre le vrai et le faux, la rareté et l'abondance, la qualité et le toc.

L'artiste  explique qu'elle avait réalisé son oeuvre en une semaine dans les locaux des douanes de l'aéroport de Roissy, avec un stock de montres contrefaites des marques Armani, Breitling, Longines ou Tag Heuer, saisi dans le port du Havre, le 17 mai 2006, dans un chargement en provenance de Chine et destiné au Ghana.

Marc-Antoine Jamet, président de l'Unifab, a relevé "la mondialisation de la contrefaçon, dont 80 % est produite en Asie", dénonçant le "faussaire copieur et ennemi de l'innovation" et l'explosion des achats de produits contrefaits sur internet.

Le tout nouveau directeur général des douanes, Jérôme Fournel, a ajouté que sur les douze dernières années, le nombre des articles contrefaits saisis avait été multiplié par trente, qualifiant "L'Art dans le collimateur des faussaires" de "pied de nez aux contrefacteurs".

Selon l'Unifab, 38.000 emplois sont détruits chaque année en France par la contrefaçon et la perte annuelle, pour la France, s'élève à six milliards.

L'oeuvre sera temporairement exposée au Musée de la contrefaçon, inventaire surréaliste de fausses ailes de voitures, imitations de fer à repasser ou de café soluble, copies de dictionnaires, de jouets, de bijoux, de montres, de chaussures de sport et d'alcool et de logiciels et de ... petits bronzes de Rodin.