L'Association suisse pour la recherche horlogère propose à ses 80 membres industriels des projets de recherche communautaire pluridisciplinaires.
Revue FH - 26 mars 2009
Pierre Debély, Président de l'ASRH
Lorsque la recherche communautaire est évoquée, il est presque toujours question de grands projets suisses ou européens largement financés par les deniers publics. Une seule exception notoire est à signaler. Il s'agit de l'activité déployée depuis 1985 à Neuchâtel par l'ASRH.
Périodiquement, l'Association suisse pour la recherche horlogère (ASRH) propose à ses 80 membres industriels des projets de recherche communautaire pluridisciplinaires dans des domaines tels que les céramiques techniques, les aciers et alliages exempts d'éléments toxiques, les plastiques, les matériaux nouveaux, les revêtements de toutes sortes, les lubrifiants solides et liquides, les matériaux phosphorescents, la chronométrie atomique ou encore les instruments de mesures.
Avec un personnel réduit à un scientifique et à une secrétaire-comptable, l'ASRH fait appel aux instituts de recherche suisses et européens les plus compétents pour réaliser les travaux de recherche. Les sujets des projets sont définis par une commission scientifique réunissant plusieurs ingénieurs qualifiés de l'industrie horlogère. Le financement est assuré par souscription auprès des membres de l'ASRH, les souscripteurs devenant partenaires bénéficiaires des résultats des travaux. En général, de dix à vingt partenaires industriels souscrivent aux projets, les instituts de recherche étant alors mandatés pour réaliser les recherches. Des séances sont convoquées périodiquement regroupant des ingénieurs issus des entreprises horlogères, pourtant souvent concurrentes, qui ont souscrit aux projets, pour discuter de l'avance des travaux et apporter une collaboration indispensable au partenaire universitaire.
L'ASRH est l'une des dernières plateformes où les ingénieurs d'un grand nombre d'entreprises horlogères peuvent discuter de leurs problèmes et trouver des solutions communes. Les objectifs des projets sont souvent difficiles sinon ils seraient poursuivis et atteints individuellement. En fin de projet, chaque partenaire a encore toute liberté pour valoriser, à sa façon, les résultats obtenus, afin de se démarquer des autres partenaires. A l'inverse de beaucoup d'organisations de recherche, l'ASRH ne recourt à aucune subvention publique. Elle estime qu'un projet de recherche communautaire judicieusement identifié et correctement conçu doit pouvoir trouver un financement 100% industriel, particulièrement auprès d'une industrie bénéficiaire.
L'ASRH a toujours été très discrète auprès du monde extérieur. Elle vient pourtant d'avoir le feu vert de son conseil d'administration pour ouvrir un site Internet. Ses contacts avec le monde académique en seront d'autant simplifiés. Alors que l'assistance de financements publics est aujourd'hui sollicitée de toute part, que ce soit par les universités ou les entreprises privées, une partie importante des recherches effectuées en Suisse pourrait suivre la voie tracée par l'ASRH. Ce n'est qu'une affaire d'initiative et de compétence. L'horlogerie suisse peut être fière d'avoir initié et encouragé la recherche communautaire, sous l'impulsion des grands visionnaires qu'ont été Adrien Jaquerod, premier directeur du Laboratoire de recherche horlogère en 1921, Sydney de Coulon, premier président du Laboratoire suisse de recherche horlogère en 1939 ou Yann Richter, premier président de l'ASRH en 1985.
Pierre Debély, Président de l'ASRH

Lorsque la recherche communautaire est évoquée, il est presque toujours question de grands projets suisses ou européens largement financés par les deniers publics. Une seule exception notoire est à signaler. Il s'agit de l'activité déployée depuis 1985 à Neuchâtel par l'ASRH.
Périodiquement, l'Association suisse pour la recherche horlogère (ASRH) propose à ses 80 membres industriels des projets de recherche communautaire pluridisciplinaires dans des domaines tels que les céramiques techniques, les aciers et alliages exempts d'éléments toxiques, les plastiques, les matériaux nouveaux, les revêtements de toutes sortes, les lubrifiants solides et liquides, les matériaux phosphorescents, la chronométrie atomique ou encore les instruments de mesures.
Avec un personnel réduit à un scientifique et à une secrétaire-comptable, l'ASRH fait appel aux instituts de recherche suisses et européens les plus compétents pour réaliser les travaux de recherche. Les sujets des projets sont définis par une commission scientifique réunissant plusieurs ingénieurs qualifiés de l'industrie horlogère. Le financement est assuré par souscription auprès des membres de l'ASRH, les souscripteurs devenant partenaires bénéficiaires des résultats des travaux. En général, de dix à vingt partenaires industriels souscrivent aux projets, les instituts de recherche étant alors mandatés pour réaliser les recherches. Des séances sont convoquées périodiquement regroupant des ingénieurs issus des entreprises horlogères, pourtant souvent concurrentes, qui ont souscrit aux projets, pour discuter de l'avance des travaux et apporter une collaboration indispensable au partenaire universitaire.
L'ASRH est l'une des dernières plateformes où les ingénieurs d'un grand nombre d'entreprises horlogères peuvent discuter de leurs problèmes et trouver des solutions communes. Les objectifs des projets sont souvent difficiles sinon ils seraient poursuivis et atteints individuellement. En fin de projet, chaque partenaire a encore toute liberté pour valoriser, à sa façon, les résultats obtenus, afin de se démarquer des autres partenaires. A l'inverse de beaucoup d'organisations de recherche, l'ASRH ne recourt à aucune subvention publique. Elle estime qu'un projet de recherche communautaire judicieusement identifié et correctement conçu doit pouvoir trouver un financement 100% industriel, particulièrement auprès d'une industrie bénéficiaire.
L'ASRH a toujours été très discrète auprès du monde extérieur. Elle vient pourtant d'avoir le feu vert de son conseil d'administration pour ouvrir un site Internet. Ses contacts avec le monde académique en seront d'autant simplifiés. Alors que l'assistance de financements publics est aujourd'hui sollicitée de toute part, que ce soit par les universités ou les entreprises privées, une partie importante des recherches effectuées en Suisse pourrait suivre la voie tracée par l'ASRH. Ce n'est qu'une affaire d'initiative et de compétence. L'horlogerie suisse peut être fière d'avoir initié et encouragé la recherche communautaire, sous l'impulsion des grands visionnaires qu'ont été Adrien Jaquerod, premier directeur du Laboratoire de recherche horlogère en 1921, Sydney de Coulon, premier président du Laboratoire suisse de recherche horlogère en 1939 ou Yann Richter, premier président de l'ASRH en 1985.
