Swarovski - Seiko - Patek

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Swarovski exploite un créneau porteur tandis que Seiko fait à nouveau preuve d'un savoir-faire remarquable. Quant à Patek Philippe, on se passe le flambeau.
17 avril 2009Philippe Perret Du CrayBrillante surpriseJe me suis souvent dit que tel ou tel produit que je trouvais sans intérêt particulier ferait un flop retentissant et j'avoue que si j'ai parfois eu raison, je me suis aussi trompé. Parce que, heureusement, le marché est ainsi fait qu'il en faut pour tous les goûts et que je suis loin d'être représentatif !
L'arrivée fracassante de Swarovski en halle 1.0, au milieu des marques de haute horlogerie, me laissait un peu dubitatif. Quelles grandes ambitions pour cette marque qui s'est faite un nom avec le cristal synthétique et qui présente des garde-temps à quartz, dans un univers où règnent luxe et savoir-faire mécanique!
Les différentes références de cette première collection n'ont pas fait vibrer ma fibre émotive, si ce n'est la D-light que je trouve particulièrement originale et réussie. Les produits sont irréprochables, très bien finis, mais ne me parlent pas… C'est normal: je ne suis vraiment pas la cible !
Mais alors, qu'est-ce qui explique l'enthousiasme de certains détaillants à «rentrer» cette nouvelle marque en période de crise ? Peut-être justement que cette nouvelle collection Swarovski se positionne parfaitement aujourd'hui pour séduire la clientèle : une marque forte et internationalement reconnue comme leader de son secteur; des produits simples mais aux finitions irréprochables, l'éclat du cristal sans le côté ostentatoire du diamant ; et, surtout, un positionnement prix tout à fait friendly. Bref, la réponse idéale aux besoins d'une cliente en quête d'un coup de cœur accessible et cautionné par une signature reconnue.
Alors bravo à toute l'équipe pour cette collection qui a su trouver sa place sur un marché particulièrement difficile aujourd'hui.
Dragon japonais
Dans l'imaginaire de la plupart des gens, la haute horlogerie est l'apanage des Suisses. Et dans l'imaginaire de la plupart des Suisses, l'horlogerie japonaise rime avec le traumatisme du quartz et la crise des années 70. Mais comme nous le savons bien, la réalité tord régulièrement le cou aux idées reçues et l'horlogerie japonaise peut parfois rivaliser avec les plus prestigieuses maisons helvétiques!
C'est ce que j'ai pu constater une fois de plus en ayant le privilège de rencontrer pendant plus d'une heure Shu Yoshino, le responsable de la communication internationale du géant nippon Seiko.
Le premier constat est qu'on sait faire de très belles montres au Pays du Soleil Levant. La collection Ananta présentée cette année en est la brillante démonstration puisqu'elle met en avant tout le savoir faire horloger de Seiko (la collection est équipée de différents mouvements manufacturés, automatiques ou dotés de la technologie Spring Drive) tout en s'inspirant des valeurs traditionnelles du Bushido pour les formes et en respectant les valeurs de la haute horlogerie pour les finitions. Le tout à des prix très agressifs pour un tel niveau de qualité !
Le second constat est qu'il existe un profond décalage entre l'image que la plupart d'entre nous avons de Seiko (des montres électroniques et/ou mécaniques bon marché destinées « aux pays où il est parfois difficile de trouver une pile »), et la qualité des produits présentés. Shu Yoshino est parfaitement conscient du déficit d'image dont souffre Seiko et espère bien qu'Ananta contribuera à repositionner la marque à son juste niveau.Mais au fond, qui imaginerait que l'honorable manufacture Seiko va sur ses 130 ans? Et qui se souvient qu'elle a présenté en 1969 son premier chronographe automatique (en même temps que Tag Heuer, Zenith et Breitling, les précurseurs helvétiques du genre)? Finalement, qui se rend compte de ce que représentent les quelques 13 millions de montres que ce géant produirait annuellement à lui seul? Pour avoir un élément de comparaison, la Suisse a exporté en 2008 26 millions d'unités (dont 16.5% de montres mécaniques pour les esprits chagrins qui rappellerait que Seiko produit essentiellement des montres à quartz). Et si on veut pousser un peu plus loin, ce serait quelques 153 millions de mouvements que Seiko a produit l'an dernier…
Assurément si elle avait été suisse, Seiko aurait tout d'une grande !!! Transition feutréeIl y a parmi les grands noms de l'horlogerie suisse des maisons où les aléas extérieurs ne semblent pas avoir d'emprise. Ou si peu qu'on n'arrive pas à le percevoir ! Si l'on avoue à demi mots ressentir la tempête, on ne s'en inquiète pas pour autant.
C'est le cas chez Patek Philippe où la démarche semble totalement insensible au temps présent pour s'inscrire dans la durée. Ici, pas d'esbrouffe, rien de superflu, les montres s'inscrivent dans la suite logique de ce que nous voyons années après années. Respect d'un ADN insufflé par un capitaine au long cours.
Et pourtant il y a quelques nouveautés cette année au-delà des garde-temps! Comme un air de transition…
La première, à laquelle on était préparé depuis quelques temps, est l'annonce du passage de témoin. Lâchée dans le cadre d'un discours improvisé lors de la remise du Prix de la Passion, Philippe Stern nous a confirmé qu'il passerait la barre du vaisseau Patek Philippe à son fils Thierry d'ici la fin de l'année.
La seconde qui a déjà fait couler beaucoup d'encre est la création d'un Poinçon Patek Philippe destiné à remplacer le Poinçon de Genève sur les montres de la manufacture genevoise. Si certaines mauvaises langues affirment qu'il s'agit là d'une réaction à l'arrivée de nouvelles marques dans le périmètre du Poinçon de Genève, il faut surtout interpréter cette démarche comme l'établissement d'un contrat de confiance entre la marque et ses clients. S'engager au travers d'une charte sur la pérennité des valeurs de la marque est le meilleur moyen pour Philippe Stern de rassurer ses clients à l'heure de passer la main à son fils.
La troisième est une grande première dans la communication de la marque, même si les codes sont parfaitement respectés. Pour la première fois, Messieurs Stern père et fils sont mis en scène ensemble sur un visuel de la marque, debout l'un à côté de l'autre et regardant dans la même direction. S'il n'est pas question ici de montre mais plutôt du Poinçon Patek Philippe, il s'agit peut-être là de l'expression la plus aboutie du slogan de la marque selon lequel « on ne possède jamais vraiment une Patek Philippe, on n'en est que le dépositaire pour la génération suivante. »



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