Quatre millions et demi de francs. Voilà à combien est estimé le butin du braquage de la bijouterie Chopard de la rue du Rhône, survenu vendredi 29 décembre. A vol faramineux, procédure exceptionnelle: une récompense pouvant atteindre 450 000 francs sera offerte par les assureurs «à la première personne qui permettra de retrouver les biens volés et l'arrestation des voleurs».
Ce matin, le cabinet parisien de S. W. Associates, mandaté par l'assureur de Chopard pour vérifier les circonstances du hold-up et chiffrer les dommages, publie cette annonce dans les presses suisse et française. La récompense sera calculée au prorata de la valeur des biens récupérés, soit 10%.
La démarche est fort rare à Genève. En douze ans, ce n'est que la troisième fois qu'elle est utilisée. Assureurs et liquidateurs de sinistres anglo-saxons en ont, eux, l'habitude. John Shaw, de S. W. Associates, explique ainsi «que cela ne coûte pas grand-chose par rapport à la somme perdue». A l'en croire, la méthode est couronnée de succès «une fois sur deux ou trois».
Hier, l'un des deux malfrats courait toujours. Manque de chance, c'est lui qui détient les pièces d'exposition et les plateaux de stock volés. Son complice, un jeune français de la région lyonnaise, s'était fait pincer après s'être enferré dans le cul-de-sac de l'île Rousseau.
Les détails du braquage sont rares. «L'assurance ne veut pas que l'on dise quoi que ce soit. Moins les précisions seront publiques, plus la crédibilité des témoignages sera grande», explique Thierry Moret, le directeur de la maison Chopard.
Tout juste sait-on que les bandits ont profité de la sortie d'un client pour s'engouffrer dans la boutique dont la porte ne s'ouvre que depuis l'intérieur.
Un agent de sécurité était là, mais «en cas de menace armée mettant en danger le personnel, la politique de la maison est de ne pas intervenir», détaille Thierry Moret.
Présent en personne hier à la rue du Rhône, il soulignait le caractère exceptionnel du braquage: c'est la toute première fois que Chopard est victime d'un hold-up.
Tribune de Genève / www.tdg.ch