Tribune de Genève - 17 novembre 2010
Jean-Daniel Sallin
Karl-Friedrich Scheufele n'en fait pas un secret: il aime venir déjeuner à l'Hôtel de Ville de Crissier. Chez Philippe Rochat. «C'est mon restaurant préféré, précise-t-il. J'y viens très souvent et le chef est un ami de longue date…» Coprésident de Chopard, il ne pouvait pas rêver d'un meilleur lieu pour dévoiler la nouvelle collection de montres pour femmes née dans les ateliers de Meyrin: l'Impériale.

Empire des sens
Sur les tables, les portraits de Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon Ier, et de Catherine II de Russie donnent le ton de la journée. Des paravents pourpres, symbole de pouvoir dans la Rome antique, habillent le salon privé. Et dans l'assiette, le menu est une ode à un autre empire: celui des sens. Divin, tout bonnement! Mais pourquoi diable ne pas avoir attendu Baselworld, en mars prochain, pour présenter cette collection?
L'année a en effet été plutôt riche pour Chopard. Avec la célébration des 150?ans de la maison. Avec le lancement de la collection Animal Kingdom : un zoo de… 150 pièces uniques dessinées par Caroline Gruosi-Scheufele. Mais à Meyrin, on n'a pas l'habitude de s'endormir sur ses lauriers. Il y a toujours un projet, une idée à développer. A partager. Et l'Impériale est l'un de ces dossiers qu'on ne peut pas retenir plus longtemps à l'usine…

Cure de jouvence
«Cette collection existait déjà depuis les années 90, relève Karl-Friedrich Scheufele. Depuis, elle est restée l'un de nos produits phare!» Mais, les années passant, cette «impératrice» avait besoin d'un petit lifting pour retrouver son élégance. Et ses lettres de noblesse. L'opération a été confiée aux mains expertes de Guy Bove. Transfuge d'IWC Schaffhausen – où il a passé six ans – l'Américain a posé ses valises il y a un an et demi à Meyrin. «Une seule lettre a suffi pour être engagé», se rappelle-t-il. Tout heureux d'avoir rejoint l'équipe, si créative, de Chopard.
Rien n'a été laissé au hasard. L'Impériale a poussé cette cure de jouvence jusqu'au moindre détail. Les deux aiguilles, finement courbées, rappellent ainsi les dagues utilisées par les souverains sur le champ de bataille. Les cornes ont pris des allures de colonnes antiques. Quant à la couronne, elle s'est inspirée de la fleur de lotus – qui est le symbole de l'épanouissement spirituel et de la pureté. Pas de doute: cette collection affiche le raffinement et l'élégance d'une majesté.

Désormais, l'Impériale prend goût au voyage et à la gastronomie. Hier chez Eric Fréchon à Paris et Philippe Rochat à Crissier, demain à Londres, Tokyo et Dubaï… Jusqu'à la mi-janvier, elle s'offre un petit tour du monde. En première classe. Afin de présenter ses nouveaux atours. Visiblement, cette opération séduction porte ses fruits! Depuis son avènement en boutique, elle fait l'unanimité auprès des clientes. Lesquelles ont peut-être le sentiment d'accéder au trône en passant cette montre à leur poignet.
