A Fleurier, dans le Val-de-Travers, la manufacture Chopard a déjà produit cinq nouveaux mouvements de A à Z.
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Surplombant le lac de Neuchâtel, le Val-de-Travers ne manque pas de séduction. C'est dans cette vallée encaissée, ceinte de forêts, qu'a séjourné de 1764 à 1765 Rousseau dans ce qui constituait alors la Principauté de Neuchâtel. Ce paysage agreste et fort lui inspira, à lui le persécuté par les pouvoirs de l'époque, ses Lettres de la Montagne. Mais il ne faut pas s'y tromper.Cette vallée, qui peut paraître sauvage au prime abord, est aussi, grâce à l'horlogerie, ouverte sur le monde. Justeà trois kilomètres deMôtiers, refuge de Rousseau, la commune de Fleurier s'est lancée dans ce secteur dès 1730. Et ce, grâce à un certain David- Jean-Jacques-Henri Vaucher dont les chroniques nous ont conservé le nom. D'ailleurs, Fleurier peut aussi se vanter d'avoir accueilli deux Prix Nobel.
Aujourd'hui, à proximité de la gare (le Val-de-Travers se paie en effet le luxe d'exploiter un sympathique petit train), un bâtiment de pierre et de verre focalise les regards. C'est celui de la manufacture Chopard qui vient de fêter, le 13 septembre dernier, les dix ans de son installation ici. Ayant coûté quelque 30 millions de francs, employant 108 collaborateurs représentant une quinzaine de professions différentes, elle produit dans des ateliers lumineux, les célèbres mouvements L.U.C., en hommage à Louis-Ulysse Chopard. Celui-ci fut le fondateur, en 1860, à Sonvilier dans le Jura, de la manufacture d'horlogerie de haute précision qui fut rachetée en 1963 par la famille Scheufele.
Et tout de suite, ce fut le succès. En dix ans, ce ne sont pasmoins de cinqmouvements complets qui ont été créés de A à Z, dont le dernier-né est le modèle«L.U.C. Chrono One». Tandis que, parallèlement, étaient mis au point des modules de quantième et de phases de lune tout à fait inédits.On comprend que le 13 septembremarquait donc la consécration de Karl- Friedrich Scheufele, coprésident de Chopard, aussi compétent que discret, et à qui on doit ce grand retour aux sources. Ce sont en effet quelque 3000 mouvements L.U.C. qui sont produits et 25 000 montres qui sont assemblées chaque année à Fleurier par Chopard, laquelle possèdeégalement d'autres centres de productions à Genève et Pforzheim en Allemagne.
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Qualité Fleurier
Cet anniversaire qui a donné lieu à de sympathiques fêtes quasi familiales à Fleurier même, loin des habituels show-biz, se devait d'être marqué d'une pierre blanche. Qui ne pouvait être que le cinquième mouvement, le «L.U.C. Chrono One», enfin dévoilé, construit sur des bases entièrement nouvelles. L'aboutissement de plus de 16 000 heures de recherche et de développement de la part d'une équipe de 25 collaborateurs. En parallèle, un nouveaumodèle, le «L.U.C. Qualité Fleurier Edition du Jubilé» a été présenté. Elégant avec son bracelet en alligator muni d'une boucle ardillon et sa glace saphir antireflet, limité à 250 exemplaires, il est équipé du mouvement mécanique L.U.C. 9.96 et bien sûr certifié Chronomètre COSC. Etanche jusqu'à 30 mètres, sa réserve de marche est de 65 heures. Il bénéficieégalement de la reconnaissance de la Fondation Qualité Fleurier. Une certification créée le 24 août 2004 et voulue par les quatre manufactures présentes à Fleurier.Ayant son siègeà la mairie, elle est la plus contraignante de la profession et se veut une garantie de qualité et d'indépendance, réunissant dans la même certification, différentes exigences exclusives comme la précision, la solidité et la durabilité ainsi qu'une finition technique hors normes.
Musée dans les combles
Mais en visitant lamanufacture, il ne faut surtout pas oublier de monter jusqu'au troisième étage où, dans les combles ornés de poutres superbes, a pris place le L.U.CEUM. Plus qu'un musée supplémentaire, ce lieu, qui offre de belles échappées sur la vallée, se présente comme un espace jetant un pont entre le passé et le présent. Le visiteur, loin de tout parcours chronologique, se laisse alors guider par sa seule curiosité pour admirer une soixantaine de montres. Extraites de la collection personnelle de Karl-Friedrich Scheufele, elles représentent toutes des chefs-d'oeuvre de l'art horloger, sans restriction d'époque, de région, de maître ou de technique, a expliqué Peter Friess, maître horloger et historien, appelé en consultation par les musées du monde entier.
Michel Bonel
Tribune des Arts - Octobre 2006 - No345


