Coprésidente de la maison genevoise, Caroline Gruosi-Scheufele parle du Festival et de ce qu'il représente pour l'entreprise.
Sur la terrasse du Martinez, elle n'a pas une minute de répit. Même pas le temps de profiter (un peu) de la vue sur la Croisette. Coprésidente de Chopard, Caroline Gruosi-Scheufele est une étoile filante qui empile les rendez-vous. Souvent interrompue, toujours demandée… La quinzaine de Cannes s'apparente à un vrai marathon – couru en talons et avec le sourire. Malgré les nuits (très) courtes. Malgré un agenda surbooké. A croire que la dame est increvable…

Partenaire officiel de l'événement depuis quatorze ans, Chopard vient également de fêter la 10e?édition de son trophée – un prix remis aux meilleurs espoirs du cinéma. Avec Robert De Niro comme parrain. N'y a-t-il pas une certaine forme de stakhanovisme à replonger chaque année dans la lessiveuse de Cannes? Caroline Gruosi-Scheufele assure le contraire: «C'est toujours le même plaisir!» Sans articuler le moindre chiffre, elle a accepté de revenir sur les relations de la maison genevoise avec le Festival.
Jean-Daniel Sallin: En 2010, vous avez reconduit votre contrat pour trois ans. Votre lien avec le Festival est-il donc indéfectible?
Caroline Gruosi-Scheufele: Lors de la remise du Trophée Chopard, Gilles Jacob (ndlr. président du Festival) a eu un mot significatif: en nous remerciant d'avoir créé ce prix, il nous souhaitait beaucoup de belles choses pour les dix prochaines années. On est là encore pour longtemps!
Que représente Cannes dans votre chiffre d'affaires?
Il est difficile de le mesurer. Parce que tout ne s'arrête pas avec la remise de la Palme d'or. Il y a des résultats concrets. Les boucles d'oreilles que portait Uma Thurman à la cérémonie d'ouverture ont ainsi été vendues le lendemain. Mais la collection Red Carpet comprend 64 pièces. Certaines s'en iront en Chine ou en Russie pour y être exposées. Une chose en amène toujours une autre.
Est-ce que l'opération Chopard sur la Croisette bénéficie d'un budget illimité?
Ah non! Certes, Cannes représente une grande organisation pour nous. Mais, je vous rassure, nous avons aussi des budgets à respecter. Cannes n'est pourtant pas qu'une question d'argent! Depuis quatorze ans, nous restons le seul partenaire officiel pour l'horlogerie et la joaillerie. Cette place privilégiée nous donne accès à certaines choses. Nous avons soutenu le défilé de mode «Fashion for Relief» pour le Japon, nous avons été présents à la soirée de l'Amfar…
Mais vous arrive-t-il de vous fixer des limites?
Il ne faut jamais que ce soit trop cher… Mais lorsque vous tombez sur une pierre magnifique, ça vaut ce que ça vaut! Ce qui nous enquiquine le plus, actuellement, c'est ce dollar qui est trop bas et les prix du diamant et de l'or qui continuent d'augmenter.
Comme l'immobilier ou l'art, la joaillerie devient-elle aussi un investissement sûr dans le contexte économique actuel?
Je n'ai jamais aimé dire ça… Mais, selon la taille et la qualité de la pierre, on peut la considérer en effet comme un bon placement. Il devient de plus en difficile de trouver des pierres exceptionnelles. C'est une vraie passion pour moi: acheter un diamant ou un rubis qu'on ne verra pas ailleurs!
Comment Chopard peut-il encore se développer dans le futur?
En nous montrant actifs sur les marchés émergents comme la Chine, l'Inde ou l'Amérique du Sud. En travaillant sur des idées originales. J'en ai quelques-unes, mais il me manque du temps pour m'y consacrer pleinement. Pourquoi ne pas produire un film par exemple? Mais notre principal défi, c'est de grandir sans perdre nos traditions. Tout en respectant nos labels de qualité.
Pourriez-vous être plus actif dans le sport, comme certains de vos concurrents?
Pourquoi pas dans le ski ou le tennis? Nous avons déjà été présents dans le polo ou le golf. Mais jamais à un niveau institutionnel comme à Cannes. Nous ne souhaitons pas trop nous disperser.
Mais alors, comment réagissez-vous quand d'autres marques arrivent sur la Croisette pour croquer une part de «votre» gâteau?
C'est de bonne guerre! Avec sa montée des marches et son tapis rouge, le Festival fait rêver beaucoup de monde. Mais il n'y a qu'un seul partenaire officiel et il existe bien d'autres endroits où l'on peut s'exprimer…

Partenaire officiel de l'événement depuis quatorze ans, Chopard vient également de fêter la 10e?édition de son trophée – un prix remis aux meilleurs espoirs du cinéma. Avec Robert De Niro comme parrain. N'y a-t-il pas une certaine forme de stakhanovisme à replonger chaque année dans la lessiveuse de Cannes? Caroline Gruosi-Scheufele assure le contraire: «C'est toujours le même plaisir!» Sans articuler le moindre chiffre, elle a accepté de revenir sur les relations de la maison genevoise avec le Festival.
Jean-Daniel Sallin: En 2010, vous avez reconduit votre contrat pour trois ans. Votre lien avec le Festival est-il donc indéfectible?
Caroline Gruosi-Scheufele: Lors de la remise du Trophée Chopard, Gilles Jacob (ndlr. président du Festival) a eu un mot significatif: en nous remerciant d'avoir créé ce prix, il nous souhaitait beaucoup de belles choses pour les dix prochaines années. On est là encore pour longtemps!
Que représente Cannes dans votre chiffre d'affaires?
Il est difficile de le mesurer. Parce que tout ne s'arrête pas avec la remise de la Palme d'or. Il y a des résultats concrets. Les boucles d'oreilles que portait Uma Thurman à la cérémonie d'ouverture ont ainsi été vendues le lendemain. Mais la collection Red Carpet comprend 64 pièces. Certaines s'en iront en Chine ou en Russie pour y être exposées. Une chose en amène toujours une autre.
Est-ce que l'opération Chopard sur la Croisette bénéficie d'un budget illimité?
Ah non! Certes, Cannes représente une grande organisation pour nous. Mais, je vous rassure, nous avons aussi des budgets à respecter. Cannes n'est pourtant pas qu'une question d'argent! Depuis quatorze ans, nous restons le seul partenaire officiel pour l'horlogerie et la joaillerie. Cette place privilégiée nous donne accès à certaines choses. Nous avons soutenu le défilé de mode «Fashion for Relief» pour le Japon, nous avons été présents à la soirée de l'Amfar…
Mais vous arrive-t-il de vous fixer des limites?
Il ne faut jamais que ce soit trop cher… Mais lorsque vous tombez sur une pierre magnifique, ça vaut ce que ça vaut! Ce qui nous enquiquine le plus, actuellement, c'est ce dollar qui est trop bas et les prix du diamant et de l'or qui continuent d'augmenter.
Comme l'immobilier ou l'art, la joaillerie devient-elle aussi un investissement sûr dans le contexte économique actuel?
Je n'ai jamais aimé dire ça… Mais, selon la taille et la qualité de la pierre, on peut la considérer en effet comme un bon placement. Il devient de plus en difficile de trouver des pierres exceptionnelles. C'est une vraie passion pour moi: acheter un diamant ou un rubis qu'on ne verra pas ailleurs!
Comment Chopard peut-il encore se développer dans le futur?
En nous montrant actifs sur les marchés émergents comme la Chine, l'Inde ou l'Amérique du Sud. En travaillant sur des idées originales. J'en ai quelques-unes, mais il me manque du temps pour m'y consacrer pleinement. Pourquoi ne pas produire un film par exemple? Mais notre principal défi, c'est de grandir sans perdre nos traditions. Tout en respectant nos labels de qualité.
Pourriez-vous être plus actif dans le sport, comme certains de vos concurrents?
Pourquoi pas dans le ski ou le tennis? Nous avons déjà été présents dans le polo ou le golf. Mais jamais à un niveau institutionnel comme à Cannes. Nous ne souhaitons pas trop nous disperser.
Mais alors, comment réagissez-vous quand d'autres marques arrivent sur la Croisette pour croquer une part de «votre» gâteau?
C'est de bonne guerre! Avec sa montée des marches et son tapis rouge, le Festival fait rêver beaucoup de monde. Mais il n'y a qu'un seul partenaire officiel et il existe bien d'autres endroits où l'on peut s'exprimer…
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