WORLDTEMPUS - 31 août 2011
Olivier Müller
Au fil des décennies, Chaumet s'est attachée à reconstituer son propre patrimoine. Il aura ainsi fallu 30 ans à la marque pour concevoir la rétrospective de ses 200 ans d'horlogerie. A travers une vingtaine de pièces uniques, la célèbre maison du 12 place Vendôme, donne un aperçu exclusif de sa contribution à l'histoire horlogère à travers celle des grandes familles royales et aristocratiques. La marque a d'ailleurs pour particularité d'être l'un des tous premiers ‘fournisseurs officiels', en l'occurrence de la cour napoléonienne. L'Empereur Napoléon et l'Impératrice Joséphine ont à ce titre été les premières muses de Chaumet, mais également les clients les plus symboliques de la Maison.
Témoins d'une époque faste
«Il est d'ailleurs aujourd'hui difficile d'assurer la restauration de certaines pièces exposées, les compétences requises ayant quasiment disparu», indique Mélanie Sallois, adjointe au Patrimoine et aux Relations extérieures.
Chaque pièce représente en effet la quintessence de l'art joaillier de l'époque. En termes de présentation, la montre Chaumet ne se distingue pas tant par ses complications que par ses formes, qui ont chacune épousé les mœurs de leur temps: châtelaine, pendentif, bracelet, ou encore de sac.

Parmi les montres exposées, une paire de montres bracelets de 1811, créées par F.R. Nitot en personne, fils du fondateur de Chaumet. Un premier bracelet indique l'heure, le second, la date. Pour mesurer la dimension exceptionnelle de cette pièce, rappelons que Breguet n'avait inventé la première montre-bracelet que l'année précédente.
Prestigieuses collaborations
Breguet va d'ailleurs devenir un partenaire régulier de la marque durant plusieurs décennies. Pour autant, Chaumet a su aussi s'attirer les plus grands noms de l'horlogerie pour lui fournir ses mouvements, comme Jaeger-LeCoultre, Delanneau, ou Patek Philippe. Plus surprenant, des mouvements F.P. Journe ont pris place dans des collections plus modernes, loin des sentiers battus aujourd'hui propres au maître horloger de Genève.

Sil ne fallait en retenir que deux
Deux pièces s'illustrent particulièrement: la montre pendentif de la duchesse de Luynes, de 1853, pour son alliance joaillière d'or, d'argent, de rubis, de jaspe sanguin, de perles fines et d'émail. La pièce eut même les honneurs de l'Exposition Universelle de Paris en 1855.


Montre pendentif de la duchesse de Luynes, 1853 - © Chaumet
En second lieu, une montre Belle époque en émail gris vert, pour la finesse d'exécution de son émail translucide apposé sur un boîtier en or gris guilloché. La pièce date de 1911, soit il y a tout juste un siècle. Aujourd'hui, nos horlogers–joailliers actuels pourraient (probablement) la reproduire. Toutefois, équipés des outils du 19ème ou du début du 20ème siècle, relèveraient-ils encore le défi?

Prochaines dates de l'exposition:
• Ningbo du 21 au 31 août
• Taiyuan du 21 septembre au 01 octobre
• Dubaï du 16 au 22 novembre
• Beijin du 17 au 26 décembre.
• Concernant l'année 2012: Tokyo et Moscou à confirmer.